‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 163 sur 282 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

sont mortes > car ce qui n'est pas animé est mort. Cette supposition n'est pas plus sout^able que l'autre. Nous savons qu'il y a une âme dans notre corps : comment y estelle? Nous l'ignorons. Dieu nous a dérobé cette connaissance, afin de rabattre nos prétentions, et de nous faire comprendre que nous devons rester à notre place et ne pas rechercher avec une orgueilleuse curiosité ce qui est audessus de nous ^ . . Mais laissons les hommes , montons aux cieuz. Y a4-il là des êtres qui comprennent Dieu dans son essence ? Il y en aurait , qu'ils n'ont rien de commun avec nous , car entre les anges et les hommes la distance est grande. Mais pour prouver surabondamment qu'il n'y a nulle part dé puissance créée qui connaisse parfaitement l'essence divine , écoutons les êtres privilégiés qui habitent les cieux. DissertenUls sur la substance infinie? Nullement. Mais ils glorifient Dieu , ils l'adorent, et dans l'attitude d'une profonde humilité , ils font entendre sans fin autour de son trône les hymnes du triomphe, les chants mystiques. Gloire à Dieu au plus haui des cieux! disent les anges. Saint, saint, saint ! s'écrient les séraphins , en baissant les yeux , car ils ne peuvent soutenir la splendeur voilée du Très-Haut. Et les chérubins : Bénie soit la gloire du Seigneur, du lieu aà il réside ; non que Dieu occupe un lieu, mais pour employer le langage humain, comme si nous disions: en quelque lieu qu'il existe, de quelque manière qu'il existe, si toutefois de telles paroles peuvent être dites de Dieu ; mais nous n'avons qu'une langue d'homme. Voyez donc quelle crainte il y a là-haut, quel mépris ici-bas ! Les anges adorent, les hommes scrutent ; les anges bénissent , les hommes veulent tout savoir ; les anges se couvrent le visage , les hommes osent porter un regard insolent sur la gloire ineffable. Qui ne gémirait d'une prétention si extravagante > ? »

1 Cbryt., t. 1 , p. 485.

5â» S. JEAN CHRYSOSTOME.

 Tappui de ces arguments , où Forateur se montre avec plus d'éclat que le théologien , Chrysostôme apportait des textes de TEcriture , {H^écis et décisifs : tantôt ces paroles de Jésus-Christ : Personne ne connaii ie FiU si ce n'est le Père , et le Père si ce n'est le Fils et celui à qui te Fils^ veut le révéler ^; tantôt celles-ci de S. Paul : Dieu habite une lumière inaccessible ^ , et ailleurs : O profondeur des richesses de la sagesse et de la puissance de Dieu ! que seà jugements sont impénétrables, et ses voies aurdessus de toute investigation ^ ! Ces textes et d'autres , il les discute ) les commente ^ et en déduit une démonstration à laquelle ses adversaires n'ont rien à répliquer ou n'opposent que de pauvres objections , qui sont pour l'orateur un nouveau triomphe. «On me dit, s'écrie-t-il , que j'adore ce q4ie j'ignore. — Certes, après avoir démontré par les saints livres que l'essence de Dieu ne peut être parfaitement connue de personne , je devrais ne pas relever une attaque pareille* Mais puisque ce n'est pas la haine qui me fait parler, jnais le désir d'éclairer nos adversaires , montronsleur qu'il y a plus d'ignorance dans leur prétention de coqnaître Dieu que dans l'aveu de notre ignorance. Supposons deux hommes qui se disputent sur la grandeur du ciel. L'un dit : Le regard ne peut en embrasser l'étendue ; l'autre affirme qu'il le mesure de sa main ; je vous le demande , quel est celui des deux qui vous semble avoir la plus juste idée du ciel ? Celui qui prétend qu'il en sait la mesure , ou celui qui déclare l'ignorer ? Et pourquoi , quand il s'agit de Dieu , n'aurions - nous pas la même réserve * î »

Cette polémique, entremêlée de conseils et de félicita-

< Malb.,11.

3 Lad Timoth., 1.

s Ad Rom,, 11.

« Cbr^r, i. l.,p.4S7.

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