‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 164 sur 282 · CHAPITRE XI. 5M · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 5M

lions aux orthodoxes , de paroles de charité à l'adresse des dissidents, avait le plus grand succès. Les premiers applaudissaient ; les autres revenaient avec plus d'affluence à chacun de ses nouveaux discours > . Ils faisaient connaître d'avance leurs objections, auxquelles l'orateur avait soin de répondre ; et il faut avouer que si les arguments de Chrysostôme manquent quelquefois d'élévation et de portée, ceux de ses adversaires sont d'une inconcevable faiblesse et indignes d'une sérieuse réfutation. — « D'après les Écri-

• tures, » disaient-ils, « Dieu est esprit s, donc nous connais^ » sons sa substance. » — A quoi l'orateur daigne répliquer : « Mais les mêmes Écritures parlant de Dieu l'appellent

• un feu, une source d'eau vive. Il sera donc dans son

> essence et feu , et eau , et esprit ? Ne nous amusons

> pas à de pareilles niaiseries , et , au lieu de discuter plus » long-temps avec de tels hommes, prions pour eux ; deman-

> dons avec ardeur qu'ils soient guéris de leur folie : ce

> sera plaire à Dieu , qui veut que tous les hommes soient » sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité » . »

Les derniers discours contre les Anoméens sont consacrés à la consubstantialité ^. Écrite dans l'Évangile, enseignée par les Apôtres, professée, de siècle en siècle et dès l'origine du Christianisme , par tous les docteurs et par toutes les églises catholiques , éclairée récemment de la plus vive lumière par les magnifiques travaux des Athanase , des. Hilaire , des Basile , des Grégoire de Nazianze , des Grégoire de Nysse , solennellement et irrévocablement définie danis le grand concile de Nicée et consacrée désormais par un mot impérissable qui la résume admirablement , la doctrine de la génération éternelle , de la parfaite divinité du Verbe»

< Chrys., t. 1 , p. 525,509.

» Joan. , i.

s 1. ad Timoth.f S. — Chryt., 1. 1, p. 487.

« id„ p. 502.

3S0 S. JEAN GHllYSOSTOME.

la Goodobstantialité, avait eu à soutenir une longue et ardente lutte , moins contre les enseignements que contre les intrigues , les dissimulations , les violences de TArianisme aidé par le despotisme impérial , dont il s'était fait , à force de mensonges , d'adulations et de servilisme , \m protecteur et un instrument ; et , toutefois , c'est la remarque de l'émioent historien du dogme catholique, la secte fit plus de bruit qu'elle n'eut de succès. Le peuple, qui ne comprenait rien à ses artifices de langage , demeurait fidèle môme sous des évéques ariens , et ceux-ci , d'ailleurs , étaient moins nombreux qu'on ne serait tenté de le croire. Les principales sympathies de l'Arianisme lui vinrent de cette foule de mauvais Chrétiens que l'intérêt , la politique , l'exemple du chef de l'État avaient poussés à embrasser l'Évangile sans conviction, sans préparation, et qui , restés, au fond de l'âme, incrédules ou indifférents à tous les cultes , étaient plus disposés à accueiUir un système de croyances qui , dépouillant le Christianisme de ce qu'il a de plus surnaturel , le mettait davantage à leur portée > . Ce fut la faveur des princes qui fit la fortune de l'Arianisme ; aussi , dès que cet appui lui manqua , il tomba d'une chute énorme. Ses derniers excès avaient précipité sa ruine. Un regard de Théodose le fit rentrer dans le néant ; du moins il ne fut bientôt plus qu'une ombre pâle de lui-même. Les Eusébiens, les semi-Ariens s'ingéniaient, à qui mieux mieux, à se donner une apparence catholique; et, quant aux Anoméens , après avoir ravi à la doctrine d'Arius son caractère philosophique , ils ne tardèrent pas à la dépouiller de ses formes chrétiennes , pour en faire une espèce de rationalisme incohérent et grossier. Leurs arguments , chaînés de paroles , étaient , au fond , ce qu'on peut imaginer de plus vulgaire et de plus faible.

> Ginoulh., Hiti. du dogm., t. S, p. 290, ett.

Page 1