‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 165 sur 282 · CHAPITRE XI. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. S

Contre des adversaires si déchus, Chrysostôme a peu d'et forts à déployer. Il ne leur fera pas l'honneur d'une réfutation approfondie qui passerait trop au-dessus de leurs chétifs raisonnements et de Fintelligence de ses auditeurs. « Nous demandons , dit - il , si le Fils a la même vertu , la même puissance , la même substance que le Père , ou plutôt nous ne le demamions pas, car, par la grâce de Jésus- Christ, nous le savons et le croyons fermement ; mais nous voulons le démontrer à ceux qui ont l'impudence de le nier. En vérité, j'ai honte, je rougis d'aborder un pareil discours! Qui ne rirait de nous voir occupés à prouver des choses si claires? Qui ne condamnerait ceux qui cherchent si le Fils est consubstantiel au Père? Et, en effet, ils sont en contradiction non -seulement avec l'Écriture, mais avec l'opinion générale des hommes et la nature des choses. Que l'engendré soit de la même substance avec l'engendrant, c«la se voit non -seulement pour les hommes, mais pour les animaux , pour les arbres même. N'est-il pas absurde , quand cette loi subsiste immuable dans les hommes , les plantes , les animaux , de vouloir la méconnaître et la renverser en Dieu seul « ? »

Certes , ce raisonnement , qui pouvait satisfaire un auditoire peu instruit , n'est ni bien concluant ni bien digne , et S. Gr^oire de Nysse ne s'en fût pas contenté. Mais la discussion se relève et devient sérieuse , quand elle roule sur les textes de l'Écriture que l'orateur oppose à ses adversaires, ou que ceux-ci lui objectent. « Parce que le Fils est fils , disent les Anoméens , vous le faites consubstantiel au Père : donc, nous aussi nous sommes consubstantiels à Dieu , car lui-même nous le dit dans les Écritures : Vous é(es tous des dieux et des fils du Très-Haut 2 . — 0 impudent orgueil ! répondait Chrysostôme , ô souveraine folie !

< Cbrys., t. t., p. 502.

»Ps. 8i.

Quand nous parlions de la substance incompréhensible de Dieu , ils s'arrogeaient ce qui est le propre de son Kls , et prétendaient connaître Dieu comme il se connaît lui-même. Et maintenant qu'il est question de la gloire du Fils unique de Dieu , ils s'efforcent de l'abaisser jusqu'à leur bassesse. Nous aussi, disent-ils, nous sommes Gis, et nous ne sommes pas pour cela consubstantiels à Dieu. — Insensé ! les Écritures t'appellent fils, mais tu ne l'es pas : il l'est. D'un côté , ce n'est qu'un nom ; de l'autre, c'est la réalité. On t'appelle fils , mais non pas comme lui , Fils unique ; mais tu n'habites pas le sein du Père ; mais tu n'es pas la splendeur de la gloire, ni la figure de la substance, ni la forme de Dieu < . Puisque vous en appelez aux Écritures , cherchons-y ce que le Fils nous apprend lui-même de sa noble génération. Quand il dit : Celui qui me voit voit mon Père^^ ou encore : Mon Père et moi nous sommes un > , n'exprime-t-il pas que le Fils ne diffère en rien du Père , quant à ht substance ? Quand il ajoute : Comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut ^, n'exprime-t-il pas qu'entre le Fils et le Père il y a égalité de puissance? Et n'est-ce pas enseigner que le même culte d'adoration est dû à l'un et à l'autre , que de dire : // faut que tous honorent le Fils comme ils honareni le Père > ? Enfin , ne montre-t-il pas qu'il possède la même autorité de législateur que le Père , dans ces paroles : Mon Père agit , et moi aussi ? « •

Le grand champ de bataille des Anoméens était dans ces passages de l'Évangile qui semblent indiquer une subordination du Fils au Père ; son langage , par exemple , an

< AdHebr., c. 1.

9 Joan., li.

« id., 5.

• Id., b. — Chryi., t. 1., p. 693.

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