‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 171 sur 282 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Mais si Texôgèse de Philon Talliait à son drapeau un certain nombre d'esprits cultivés, la masse des Juifs restait la même, attachée à ses vieilles observances , enfermée dans TAncien- Testament , et nourrissant d'espérances obstinées son fanatisme étroit et jaloux , sa haine implacable du nom chrétien. C'est à ceux-là, comme aux plus nombreux , que Chrysostôme s'adresse , et ses discours ont autant d'actualité que de force.

Il n'en avait pas clos la série, quand il publia son livre de la Divinité de Jésus-Christ contre les Juifs et les Gentils. « La plupart des hommes , dit-il , ou paresse , ou préoccupation de leurs affaires, ou peut-être ignorance, aiment peu les longs discours. Je veux donc leur en épargner l'ennui , et , pour qu'ils se portent à cette lecture avec plaisir, me réduire à peu de mots. Laissant de c6té toutes les parures du langage , je m'adresserai aux esclaves , aux laboureurs, aux matelots, aux servantes, et m'appliquerai à être aussi simple que court, afin qu'on puisse me comprendre sans effort et tirer de ceci quelque fruit. C'est avec les partisans de l'idolâtrie que j'engage d'abord le combat « . »

Chrysostôme entreprend de prouver aux Gentils la divinité de Jésus-Christ. Or, les Gentils repoussent également et l'Évangile et les prophètes. Par où les convaincre? Par un fait avoué de tout le monde , que nul ne puisse contester. Ce fait, c'est l'existence du Christianisme. «Est-ce \m homme qui aurait pu , en si peu de temps et malgré des oppositions de toute nature, pénétrer le monde de sa pensée, l'élever à de si grandes choses , quand ce monde était engagé depuis tant de siècles, et si profondément, dans Terreur et le mal? Jésus-Christ a persuadé aux nations de renoncer à la religion de leurs pères, à leurs lois, à leurs habitudes si anciennes et si enracinées , pour adopter de nouvelles mœurs, les vertus les plus difficiles; et il l'a £ait pendant que de

1 Chryi., t. 1, p. 558.

S48 S. JEAN GHAY-SOSIIOHE.

Uvut^ pvts m ffi déc^bainait c^tre.Iui, fprës-avoH; subi on ^ppp)ke iaiàme , une mort igoomiaieuse^ Personne n'osera h qier : les Jai($ ont crooifi^ Jésu3-Clu:ist, et cependant l!Ëvw0)e s^st répandu sur la terre; il grandit chaque JQur; ilpéq^trecbez.leç barbares, jusque dans la Per^, qui dûone f rÉgli^ad^^ies^airnsde martyrs. Et tout cela s'est aiccompli^ noa par les* armées i non par les batailles, non par la puis^ sapoe de Tardent , mais au moyen de onze hommes» sans naissa^e, sans lettres» sans nom» pauvres, m^risés^ décbaux, n'ayant qu'une tunique, ne parlant pas môme la langue de leiurs auditeurs, pécheurs de poisson, fabricantg de tenues» Temples , autels , sacrifices impurs , ils ont balayé lout cela» comme le vent balaie un peu de poussière ou de fumée » et , en dépit de toutes les haines , en dépit dçs rois et des peuples, ils ont entraîné l'univers à se prosterner devaqt le Crucifié. On les a traités comme les enaemis com*» muns du genre humain , eux et leurs sectateurs ; on les a incarcéré^, exilés, bafoués, coupés à morceaux, Uvrés aux flammes, aux botes, aux plus affreux supplices ; et le monde, qui les repoussait , a partagé leur croyance. Le sang des Chréti^is coulait à torrents, et le Christianisme prenait tous lesjQurs plus d'expansion et de puissance. Comment cela s'est-il faijt? Par la vertu de cette parole : Je bâtirai mon Èglitei. Qui pourrait en douter? Celui qui l'a prononcée est le m^mQ qui avait dit : Que le ciel existe! que la lumière ioit! et qui d'4m mot a créé le ciel, la lumière et tout ce qui est ^ » .

Cette démonstration avait quelque chose de particulièrement saisissant pour des hommes encore voisins de la naissance du Christianisme, et presque contemporains de cette transformation merveilleuse du monde. Ghrysostôme la re^ produit plusieurs fois , et toujours avec une grande magni-

A Chryf ., 1. 1 , pp. 659 , 674 , 576 , 670.

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