CHAPITRE XI
fieeiH)e oratoire. Mais , à cause des Jnib , il insiste sur les prophéties, et le fond de $on livre est an rapprochement sontena entre les oracles de rÂncten-Testament et les événements qui lear répondent dans le Nouveau. S. Atfaanase a fait qoelqae chose d'analogue dans son Traité de Vlnearnation; mats Athanase est plus nerveux, plus profond; il écrit pour des lecteurs d'élite. Chrysostôme est plus éloquent; il écrit ou il parle pour tout le monde. Il prend donc ee qu'il y a de plus saillant dans les prophètes, et le montre accompli avec tant d'exactitude, avec une vérité si frappante dans la personne de Jésu&Cbrist, par sa naissance, par ses abaissements, par sa mort, par la diffusion de son Évangile, qu'il est impossible de ne pas voir , dans rétablissement du Christianisme , la réalisation de la plus granda pensée de Keu. Quoi de plus propre à manifester la divinité de Jésus-Cbrist que les prophéties faites par lui-même et si visiblement accomplies sur Jérusalem * !
^ Voyez* tous tout cela? s'écriait le Sauveur en montrant le temple du doigt , en vérité, je vou$ le dis, il n'en restera pas pierre sur pierre ^ . Nulle part ce temple n avait de rival , ni pour la beauté de l'édifice , ni pour la magnificence du culte. Les Juifs s'y rendaient de tous les points de la terre pour y porter leurs offrandes et le décorer de tontes les richesses de l'univei's. Aucun monument n'avait la célébrité de celui-là. Une parole du Christ Ta réduit en poudre. Ce saint des saints, ou le grand-prêtre seul entrait une fois l'an, avec la robe d'hyacinthe , la mitre sur la tête , dans la pompe la plus auguste ; aujourd'hui des prostituées , des infâmes le foulent aux pieds , et il en reste à peine assez pour indiquer la place où il fut. Voyez-vous cela? Ce que le Christ a élevé , nul ne peut le détruire ; ce qu'il a détruit, nul n'a pu le relever. Il a élevé l'Église, et elle brave la
> Chrys., 1. 1, ibid., p. 559 h 574. ' 9 llaib.,3i.
590 S. JEAN GHHYSOSTOME.
colère des rois ; il a. dëtpuil le temple , et les raïs sooi iifr* ' .||iis8ants à le rebâtir ^ »
Ici , Chrysostôme a rappelle en quelques mois ce qu'il aTait raconté plus au long daus son cinquième discours contre les Juifs», la restauration du temple, entreprise par Julien et miraculeusement empêchée : témoignage précieux à r^ cueillir! Le saint orateur parle, en effet, d'un évèoemenl considérable arrivé de son temps, dont le théâtre était à deux pas de lui ; il en parle comme S. Grégoire de Nazianze * , comme S. Ambroise », comme Ammien MarceUin <^, comme Julien lui-même ?. L'officier de l'empereur chargé de diriger les travaux était d'Antioche », et peut-être vivait-il encore , car il y avait à peine vingt-quatre ans de cela. Chrysostôme » en citant ce fait, Tun des pivots de son argumentation, prend toute la ville à témoin de ce qu'il avance. « U espérait, cet insensé, s'écrie-t-il , rendre vaine la prédiction de Jésus^Christ. Mais celui qui surprend les sages dans leurs propres artifices 0 montra sur-le-champ que les décrets de Dieu ont une force que rien n'arrête. On avait mis la main à cette œuvre criminelle, on commençait à découvrir les fondements, on avait fouillé bien avant dans la terre , et l'on s'apprêtait à bâtir, quand le feu, s'élançant des profondeurs du sol, tua la plupart des ouvriers , rejeta au loin les pierres , et fit renoncer à un projet téméraire. Lorsque Julien apprit cette nouvelle , bien qu'il se fût porté avec ardeur à l'entreprise, il craignit, s'il la poursuivait, d'attirer sur sa tête le feu du ciel , et , vaincu , il céda aussi bien que la
« Chrys.,l. 1, p.SSp.
2 /d.,tftid., p. 580.
' Jd-t ibid,^ p. 646.
4 Greg. doNaz., orat. 5, t. i, p. liO.
5 s. Amb.jCp. 40, n. 12.
9 Amm., i.23, c. 1.
V Jul., œuvr. ,p. 295.
* Amm , loc, cit.
9 Job., 5.