‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 173 sur 282 · CHAPITRE XI. 35i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 35i

nation jaive. AUes à Jérusalem, et tous verrez enccre les fondements mis à pu , sans pouvoir en assigner d autre cause. Nous sommes témoins de ce fait, arrivé sous nos yeux il y a peu de temps. Et voyez «vous Téclat de cette victoire? Ceci s'est passé, non sous des empereurs chrétiens, de peur qu'on ne vît là une machination des nôtres; mais lorsque nous étions nous-mêmes persécutés, quand nos vies étaient en péril , que toute liberté nous était ravie^etque le paganisme, triomphant, contraignait les fid^s à se cacher : c'est alors que cet événement a eu lieu , de manière à ne laisser aucune excuse à l'obstination des Juifs 1 . »

Un peu plus bas , Jean revient sur ce double fait , l'établissement do Christianisme et l'impuissante tentative de JuUen , et se résume ainsi : « Je ne vous parle ni de lépreux

guéris, ni de morts ressuscites Je n'allègue que des

choses patentes , plus claires que le jour, qui remplissent le monde aujourd'hui, et que Dieu seul a pu faire. Que venezvous me dire : Le Christ n'a pas ressuscité les morts? Direzvous aussi que l'Église n'existe pas? Qu'elle n'a pas subi les plus violents assauts , qu'elle n'est pas victorieuse ? Il serait moins absurde de nier la clarté du soleil. Est-ce , d'ailleurs, que les ruines du temple de Jérusalem ne sont pas là sous les yeux de l'univers? Si Jésus-Christ n'était pas Dieu , et le Dieu tout-puissant, ses disciples auraient-ils grandi saus cesse sous le coup de la proscription, et le peuple qui l'a condamné, qui l'a crucifié, serait-il déchu au point de n'être plus sur la terre qu'un vagabond , sans autel , sans patrie ? Lui qui lutta jadis, non sans gloire , contre l'empire romain , lui, si riche , si fort , après avoir vaincu tant d'ennemis , ne peut relever son temple. 11 construit çà et là des synagogues; mais ce temple qui donnait à l'État son autorité , au culte

> Chrys., 1. 1., p. 6i6, 647.

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son centre , aa Judaïsme sa raison dfdtro, ceteipplo, il n'a jamais pu le rebâtir i. » ^

Un autre fait, qui inspire à Cfarysosfôme d'ékxfumtos réflexions, c'esl la glorifeation de la Croix. Goromeitfast ces paroles d'isale : Ei son sépulcre sera glorieux > , il s'écrie : « Avec la vie de l'homme finit sa puis^moe ; ceux mtoie qui commandaient des armées , qui d'un signe de téie bouleversaient i^ villes et les peuples , qui exerçaient le droit de vie et de mort sur leurs semblables, une fois descendus dans la tombe , leurs lois sont abn)gées , leurs images effacées , leurs adulateurs méprisés , leur mémoire ne tarde pas à s'éteiodre , tout est fini pour eux. Pour iésos- Christ, c'est le contraire. Judas le trahit , Pierre le resiB, les siens l'abandonnent aux mains de ses ennemis , . il vend le dernier soupir sur le gibet. Mais alors, afin que vous sachiez bien que ce Crucifié n'est pas un homme « toutes ses humiliations se changent en gloire. Avants la croix, le prince des apôtres n'ose avouer son maître devant . une servante ; après la croix , cette grande initiation , il ose le faire connaître et le prêcher à la terre entière. Rois et peuples, savants et ignorants, esclaves et bommies libres, nous adorons tous le Crucifié. . . Le lieu où il fut enseveli, si cbétif qu'il soit , est plus auguste que la demeure des rois , que les rois eux-mêmes; Et son tombeau sera glorieux! Chose plus étonnante encore ! ses disciples , des hommes proscrits , méprisés, voués aux supplices , ont maintenant un nom qui efface les plus grands noms. Pour ne citer qu'un fait : à Rome , la ville souveraine , les empereurs , les consuls , les généraux accourent à la tombe d'un pécheur de poissons ,, d'un fabricant de tentes ; à Constantinople , ceux qui portent le diadème demandent à être ensevelis , non pas à côté des apôtres , mais à la porte de leurs églises.

1 Cbrj8.,t. i, p. 582.

3 Iia!e,o.ll,T. 10.

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