‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 175 sur 282 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

date est un sujet de discussion entre les critiques > , on peut rapporter au premier temps de son ministère , de 386 à 387 , outre ses admirables discours des statues , les panégyriques de S. Mélèce, de S. Philogone, de S. Lucien ^ de S. Babylas, des martyrs Juventin et Maximin, les homélies sur la Nativité du Seigneur , sur TÉpiphanie et le baptême de Jésus-Christ , sur les calendes , sur Fanathèrae , sur la résurrection des morts , sur Lazare et le Mauvais Riche, sur un tremblement de terre, contre les quarto décimants, sur Anne, sur David et Saûl, sur le devoir d'aimer nos ennemis , sur celui de ne pas divulguer les fautes des autres , sur l'aumône , sur le psaume quaranteet-unième, sur divers passages de S. Paul , sur la parabole des talents , sur la préparation au baptême , et d'autres encore, entre lesquelles plusieurs sont perdues.

Les panégyriques de Chrysostôme ne ressemblent guère aux discours que les modernes ont appelés de ce nom. On n'y trouve pas davantage ce que voulait Fénélon : un récit amcis, pressé, vif, plein de mouvements, représentant au naturel celui qu'on veut louer , tel qu'il fut dans tous les âges, dans toutes les conditions et dans les principales conjonctures oà il a passée. Un trait saillant de la vie d'un martyr ou d'un grand pontife , une circonstance de sa mort, un hommage à sa mémoire , avec quelques réflexions éloquentes sur le culte des Saints et leur médiation près de Dieu , et une exhortation morale plus ou moins étendue en forme de péroraison : voilà à peu près , pour le fond et la forme , tous les panégyriques qui nous restent de Chrysostôme. Ce sont des homélies semblables aux autres , avec plus de grandeur et de pompe dans la diction. L'orateur y

^ D*après le P. Monlfaucon (Chrys., t. 6, p.93), aucune de ces homélies n'a élé prononcée avant 3d8. Selon Tillemonl (noi. 17, ISeMO, t. 11, p. 559 el suiv.) et le Père Slilling, la 2® , la 3», la 5« et la 6« auraient élé prononcées dés 386; il est difiicile de se faire là-desstts une opinion bien motivée.

^ fénél., Dial. sur Téloq., p. 120, t. 21.

déploie volontiers les richesses de sa belle imagination; mais, plos qu'ailleurs, il manque de sobriété et de mesure, et par moments le discours se traîne sous le poids des hyperboles et d'un luxe qui plaisait à l'auditoire et qui fatigue le lecteur

L'éloge de S. Mélèce fut prononcé devant la châsse qui renfermait ses reliques , au mois de mai 386, le jour anniversaire de sa mort , d'après les uns ' ; au 12 février 387 , jour aniversaire de sa translation à Antioche, d'après les autres 2. Méièce avait initié le fils d'Anthusa aux saintes lettres et au sacerdoce : il l'avait aimé comme un ù\s. Homme de conciliation et de dévouement, aussi ferme dans l'orthodoxie qu'admirable par la charité , ni la haine des hérétiques, ni la répulsion des Eusthatiens n'avaient pu aigrir cette belle âme , en qui respirait la mansuétude de Jésus-Christ. Le connaître, c'était l'aimer. 11 y avait cinq ans alors qu'Antioche l'avait perdu, et sa mémoire était aussi vivante dans la mobile cité que s'il avait dispara d'hier. Sa tombe continuait la popularité de son nom. Aussi , pour son panégyrique , Chrysostôme n'eut qu'à mêler ses sentiments à ceux de son auditoire : son discours n'est qu'une eiïusion de cœur entre amis qui bénissent ensemble le nom vénéré d'un ami.

L'éloge de S. Philogone n'est ni plus complet ni mieux étudié , et cependant son pontificat , placé entre ceux de Vital et de S. Eusthute 3 , de 31 8 à 323 , a été mêlé à de grandes choses. Car , d'abord , on sortait à peine de la persécution de Dioclétien , et celle de Licinius se déchaînait soudaine et terrible comme un ouragan. Philogone eut à réparer les désastres de l'une et fit tête à l'autre * . De plus,

< Montfaucon , in monit, , t.2 , Chrys. , et m vit. S., t. 13 , op.

3 SliU., incompend, chrotiolog.

s Paulin tint le siège d*Ântioche quelques mois après la mort de Philogone.*

* Chry8.,t.l, p. 497.

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