‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 176 sur 282 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

FArianisme naquit à cette époque , et se propagea rapidement d'Alexandrie à Antioche , où il trouvait , dans son école, un terrain propice et une espèce de paternité. S. Philogone partagea , avec S. Alexandre , Tiionneur de combattre au premier rang pour la consubstantialité du Verbe. Engagé dans le monde et attaché au barreau , il s'était fait une telle réputatioa de talent et d'intégrité, que la communauté chrétienne ayant perdu son pasteur , tous les regards se tournèrent vers lui , et , comme Ambroise à Milan , une acclamation unanime le fit évéque d'Antioche. Il changeait de tribunal, dit Chrysostôme * , sans changer de rôle, car il continua d'être l'avocat et le refuge des pauvres et des malheureux. Son pontificat, illustré par son courage apostolique et ses grandes charités , le fut aussi par la reconstruction de la Palée^ que son prédécesseur avait entreprise , et que Philogone eut le bonheur de terminer dans de nouvelles et magnifiques proportions. Toutefois, Chrysostôme ne lui consacre que la moindre partie de son discours , et laissant à l'évéque Flavien , qui devait parler après lui , le soin de louer par ses paroles, dit-il, celui qu'il imite par ses vertus^, il entretient le peuple de la fête de Noël , nouvellement établie en Syrie , et qu'on allait célébrer dans quelques jours. La foi de TEucharistie , qui brûlait dans son âme , éclaire de ses feux tout ce discours.» 3'aime cette fête, s'écrie-t-il , et je vous en parle afin de vous faire participer à ses joies. Je vous en supplie tous , venez avec empressement , venez voir le Seigneur couché dans la crèche , enveloppé de langes : spectacle étonnant et qui inspire une sainte horreur! Quelle excuse alléguer, si lui descendu du ciel pour nous , nous trouvions trop pénible de quitter nos maisons pour aller à lui ! Des étrangers , des barbares arrivent de la Perse pour le voir dans l'étable ; et toi , qui es

1 Chry«. , t. 1 , p. i95.

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chrétien , tu redoutes de faire un pas pour jouir de ce speo taele heureux ! Approchons avec foi , et nous le verrons ici. L'autel, en effet, tient lieu de la crèche. Là aussi sera déposé le corps du Seigneur, non plus couvert de langes, mais tout vêtu du Saint-Esprit. Ceux qui sont initiés aux mystères comprennent ce que je dis. Aux mages, il ne fut permis que de l'adorer ; toi , si ta conscience est pure , tu peux le prendre et remporter avec toi. Viens donc avec des cadeaux plus saints que ceux des mages. Us offraient Tor : offre ta sagesse et ta vertu; ils offraient Fencens : offre de pures prières , parfums spirituels ; ils offraient la myrrhe : offre l'humilité, et avec l'aumône un cœur soumis...... Que

personne ne dise : Je porte sur ma conscience un poids énorme de péchés ; car nous avons cinq jours , et ils suffisent , si tu pries , si tu veilles , si tu es sobre , à alléger ton fardeau. Ne songeons pas à la brièveté du temps : pense à la miséricorde infinie de ton Dieu ^ . »

Le panégyrique de S. Lucien eût pu jeter quelque lumière sur un problème d'histoire ecclésiastique non résolu, savoir : si l'ilkistre martyr de ce nom est le même Lucien que S. Alexandre d'Alexandrie a compté parmi les précurseurs de FArianisme, et qu'en effet, Eusèbe de Nicomédie, Maris de Calcédoine , Astérius , Léonce , les grands coryphées de la secte , se vantaient d'avoir pour maître » . Mais Chrysostôme , qui célèbre en termes magnifiques la mort héroïque du martyr ^, ne dit pas un mot de sa vie ^.

Passons sous silence les autres discours , quelque intérêt qu'ils aient , et donnons une mention spéciale à Fhomélie sur YamiMme. Nous avons dit ailleurs par suite de quelles

« Chrys., t. t, p. 497.

'^ Voir la noie J à la fin an volume.

5 Ghi78,,t.2,p.527.

^ Il garde le silence sur cette circonstance célèbre , rapportée dans les actes de S. Lucien, que dans sa prison il offrit le saint-sacrifice sur sa poitrine, en guise d'autel.

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