‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 178 sur 282 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

avec patience et mansuétude. Garde-toi de le haïr, de le persécuter; témoigne-lui de ton mieux une charité sincère. Tu n'obtiendrais pas autre chose , que c'est déjà un gain immense de pratiquer la charité et de l'enseigner. Sans elle , ni la science des mystères , ni la foi , ni la proplietie ,

ni la pauvreté Yolontairo ne servent de rien Regardez

S. Paul au milieu des Athéniens : il les voit plongés dans ridolâtrie» et»' au lieu de les attaquer par des paroles injurieuses , au lieu de leur dire : Vous êtes des athées, des impies, toutes choses pour vous sont Dieu , excepté Dieu lui-même , il leur parle ainsi : En parcourani voire ville, j'ai trouvé au milieu de voi idoles un autel avec cette inscription : Au Dieu inconnu! Or, celui que vous honorez sans le connaître , je viens vous ^annoncer > . 0 bonté ! 6 entrailles de père! 11 sait que les Grecs sont idolâtres» que leur conduite est impie , et il leur dit qu'ils honorent Dieu.... Je vous exhorte à l'imiter, je m'y exhorte moi*méme. . . Pourquoi agis-tu autrement, toi qui fréquentes l'église et offres le sacrifice du Fils de Dieu? Ne sais-tu pas qu'il n'a pas brisé le roseau ébranlé ni éteint la mèche fumante? Il n'a pas abandonné dans leur chute Judas et ses semblables ; ce sont eux qui ont voulu s'éloigner de lui et persévérer dans l'erreur. N'offrons-nous pas des supplications pour les ignorances du peuple ? Ne sommes-nous pas obligés de prier pour nos ennemis , pour ceux qui nous haïssent et nous persécutent ? Quant à nous , le devoir de notre ministère est de vous exhorter. L'imposition des mains , qui nous a faits prêtres , ne nous a pas élevés audessus de vous , ne nous a donné aucun droit de domination sur vous : nous avons reçu tous le même esprit , nous sommes tous les fils adoptifs du Père ; ceux à qui le Père a donné la puissance ne l'ont que pour servir leurs frères.

< Aet. 17.

Nous ne faisons donc que remplir notre tâche de serviteur, en vous priant, en vous conjurant de renoncer à uneliabitude mauvaise. En effet, celui que tu frappes d'anathëme est mort ou vivant. S*il vit, tu agis d'une manière impie, en condamnant une âme qui peut changer et se corriger. S'il est mort, l'homme n'a plus sur lui de pouvoir. N'y a-t-il donc aucun, péril à vouloir prononcer sur ce qui est réservé au juge des siècles, qui seul a la mesure de la science et de la foi ? Savons-nous comment l'homme que nous condamnons s'accusera ou se défendra au tribunal de Dieu? Les jugemenis du Seigneur sont impénélrables , us voie$ échappent à toute investigation > . . . . Abstenez-vous d'une faute si grande ; car je vous le dis en présence de Dieu et de ses anges , et je les prends à témoin qu'au jour de jugement cela vous perdra. . . Je vous en supplie donc, ne négligez pas mes avis. Les dogmes hérétiques, contraires à ceux qui nous furent enseignés, les dogmes impies, il faut les anathématiser , les réfuter. Quant aux hommes, il faut les pardonner et prier pour leur salut. Et plaise au Ciel que tous , pleins de l'amour de Dieu et du prochain , fidèles au précepte divin de la miséricorde , nous puissions , au jour de la résurrection , en nous présentant au céleste époux, lui présenter en grand nombre ceux que nous aurons sauvés par la douceur et la charité ^ 1 »

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