‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 179 sur 282 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Théodose. — Son portrait. —Sédition d'Antioche. — Sanglantes représailles du pouvoir. — Consternation du peuple. — Discours et conduite de Chrysostôme.-^ Dépari de Flavien pour Coastantinople — Coiiiinissaires impériaux à Aalioche. — Intervention et remontrances des solitaires. — Nouveaux discours de Chrysoslôme. — Flavien devant Théodose. — Harangue du ponlife. — Réponse de Tempereur. — Amnistie et joie d'Antioche. — Retour de Flavien et discours de Chrysostôme. — Prétention de Libanius. — Influence du sacerdoce chrétien.

11 y avait neuf ans à peine qu'une inspiration sublime de Gratien avait été prendre dans la disgrâce et l'exil le fils d'un proscrit , un homme suspect , pour en faire un empereur. Cotait une de ces heures suprêmes dans la destinée des peuples , où la Providence , prête à frapper un grand coup , suspend sa main comme pour inviter l'homme à un grand et dernier effort pour la désarmer. L'empire blessé au cœur par le désastre d'Andrinople , se débattant à peine contre la mort , glissait dans la tombe sanglante de Valens. La ligne de l'Euphrate était forcée ; les Alains, lesTaïfales , les Huns se promenaient impunément à travers l'Illyrie et la Thrace ; les Goths venaient marauder aux portes de Constantinople , et leur insolence , qui n'avait plus de mesure , affectait une insultante pitié pour les vaincus si long-temps vainqueurs. Nous sommes las, disaient-ils, d'égorger ces Romains comme des moutons ^ . De Thessalonique à Byzance, d'Antioche à Alexandrie , la terreur et le deuil étaient partout. Le glas de l'empire sonnait.

Théodose se trouva donc, dès son arrivée au pouvoir i

> Cfarys., ad vid.jun., n. i, t. 1, p. âi4.

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en face d'une situation désespérée. Il Tenvisagea .d'an «il fernae, et Tabordad un grand cœur. Temporisateur de génie, Fabius sous les traits de Trajao » il mit l'héroïsme à éviter le combat» la sagesse à user le temps. Heeonati tuant Varmée, )releya(it La discipline , il rendait aux légions leur coatUaice en elles-méme par de petits engagements mépagés à propos, dont l'heureuse issuç prouvait à tous que la victoire et le Mbarum aétaient pas à jamais brouillés. Soa quartier géoépaljà ;ThessaloQiqae , l'œil ouvert sur les pas des barbares» j^es lieutenants sous sa main et prêts i lui porter au besoiQ .toutes leurs forces, abrité par une triple ligne de forle^ resses de la Propontide à l'Adriatique , il attendait dans UQ (brmidable repos, avec une patience qui était du génie, que la débauche, les maladies , les désordres ,, râsultaat d'une inaction prolongée chez des hommes en qui la fièvre des champs de bataille tenait lieu de discipline, et d'unité, lui livrassent Tarmée ennemie démoralisée, décomposée, ijacapable d'autre chose que de tomber sous ses coups ; ou ; que les Gotlis, découragés et séduits, vinssent lui demander eax-m^mes une alliance qui, les asservissant à l'empire, . mettrait leurs meilleurscombattantsà la solde de l'empereur. Ce c^cul du grand capitaine sauva le monde, qu'une téméxaire vfiillaQce eût perdu. U est vrai que ces hordes de bar- . bares à qui de vastes terres étaient livrées, prenant pied dans l'empire, pouvaient lui créer, d'un instant à l'autre, . de sérieux embarras. On donnait au voleur la garde de la maison . Mais en ce moment tout cédait, tout pliait sous l'ascendant de Théodose ; sa gloire masquait les périls. Peut-être aussi pressentait-il le prochain remaniement de l'humanité par la Providence, et il préférait devenir l'instrument éclairé d'une révolution inévitable que de la combattre en désespéré. Quoi qu'il en soit, les barbares, frémissants et soumis, n'osaient remuer sous sa main , ou si de temps à autre un bruit d'armes se faisait entendre quelque part, en an

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