CHAPITRE Xn
maisons, hommes, enfants. Telles sont les colères des rois. Ils accordent au poavoir tout ce qu'ils veulent , tant un pouvoir sans bornes est chose funeste M > Et le temps était éloigné encore où le Christianisme, devenu la loi et l'esprit du monde , devait poser ces bornes désirées et nécessaires au pouvoir, et lui donner son vrai caractère. En attendant, ce qu'il était possible de faire , il le faisait. Debout entre les rois et les peuples , il protégeait les uns , apaisait les autres , combattait avec le même dévouement intrépide et modeste la licence et le despotisme, et, tout en enseignant, tout en inculquant dans l'intérêt de tous le respect de l'autorité , il opposait à l'orgueil du trône , aux enivrements du pouvoir absolu , de sages remontrances et de saintes menaces souvent écoutées. Il faisait l'éducation du monde. Les vertus, le talent de ses pontifes, le grand caractère dont ils étaient revêtus, les hautes maximes de l'Évangile, toujours et éloquemment rappelées et commentées par eux, formaient le contre-poids salutaire , et seul possible alors , d'une société entraînée à la servitude par le poids immense de son passé. La seule barrière assurée contre les envahissements de la force , c'était leur courage : il ne fit point défaut à l'humanité.
' Chrys., t. 11, p. 315: TooroÙTOv tt iÇou^U xaxcv.