‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 204 sur 282 · CHAPITRE XI». 43S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI». 43S

goûts de la maliilude , n'eut pas plutôt embrassé la loi du Christ , qu'il s'efforça d'arrêter, par ses rescrits , les féroces usages eneoaragés naguère par ses exemples ; et , dès l'an 325 , il porta ce célèbre décret qui proscrit les jeux sanglants, même. comme peine des condamnés, y substituant pour ceux-ci le travail des mines, afin, disait-il, que le crime fut expié sans répandre le sang » . Mais la puissance du maître du monde échoua devant une habitude si invé* térée^. Les plaintes de S. Hilaire, de S. Ambroise, de S. Cyrille de Jérusalem, de S. Grégoire de Nazianze, attestent assez que ces funestes spectacles étaient fort courus de leur temps 3. S. Grégoire s'indigne contre les malheureux qui font métier de ces combats, vendant leur sang pour assouvir leur gloutonnerie *. « Fuyez, sécrie-t-il, ces détestables jeux, dont les cruels spectateurs n'expriment dln* térêt qu'en faveur des bêtes féroces, plus mécontents qu'elles quand la proie humaine s'échappe et fuit , heureux au contraire et battant des mains si l'homme est saisi , s'ils entendent son dernier gémissement , s'ils voient ses dernières convulsions sous la dent qui le déchire et l'arène inondée de sang. Bienveillants au tigre, ils excitent sa fureur, jouissent quand elle s'assouvit , comme si eux-mêmes ils allaient se rassasier avec lui de la chair et du sang de l'homme ^. * Tout le monde ne connail-il pas ce passage des Confessions de S. Augustin , où il raconte qu'Alypius fut entraîné malgré loi à l'une de ces fêtes sauvages , avec la ferme résolution de tenir ses yeux fermés et son âme absente ? « Mais tout-

< Cod. The«d., 25, 12, de Gladiat. <- Socn, h 1 , c. ii. ^ Sozom., 1. 1 , c. 8.

3 11 y eut un combat de gladiateurs à Àntioche en 328. (Libau., de vit. S.)

3 Hilar., m ps. liO, n. U. ~ Âmbr. Heasaem, 1. i, S ^^ t. i, p. 3i, et m p«. 118, D. 27, t. 1, p. 1026. — Gyrill., Catech, 19. — Greg. Naz., oraL 36 in fin.

4 6r. N«3., Carni., t. 2 , p. 1097.

» /(2., tMd., p. 1096.

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à-coup UD immense cri^du peuple le remua profondânent. U regarda , et fut fcappé au cœur d'une blessure plus grave que riufortUBé dont la chute soulevait les dameurs de la fwle ; car, aussitôt qu'il eut vu ce sang, il ea fiit enivré lui aiiBsij et, loin de se détourner de ces sanglantes horreurs , il. y ^ta. ses regards, il en savoura la volupté» il cria, il s'i^nflamma comme les autres et sortit de là avec une ardeur fplle d'y retourner « . »

. Ainsi, en face de la €roix, sous des empereurs chrétiens, le ^9^e<urtre de l'homme est toujours une jouissance pour l'homme. Théodose, qui avait défendu qu'on forçât perspvi^. à- prendre la charge de certains jeux , n'empêchait p^ . qvL'on ne la prit volontairement 2 ; et ses employés , à son insu , qsèrent sauvent de contrainte envers les pauvres curiales , afin qu'ils eussent à contenter, n'importe à q^el prix , les féroces désirs du peuple » , les honunes et les bétes de combat continuaient à être recherchés. Symmaque , qui remercie l'empereur d'avoir hii paraître d^ns l'arène , pour l'amusement des Romains , ces barbares qui leur avaient fait tant de peur, se félicite d'avoir eu la police de ces jeux , d en avoir donné même pendant son consulat; et sa plus grande solUcitude est de réunir, pour les fêtes populaires , les animaux et les combattants les mieux choisis ^ . Sous Honorius , Prudence en est réduit à implorer comme une grâce ce que Constantin avait établi cooune un droit , et il supplie en beaux vers le fils de Théodose d'achever l'oauvre de son père, d'abolir les saiTifices humains ». Il fallut qu'un martyr de l'humanité, le magnanime Télémaque , tombât dans l'arène sous les coups du peuple , pour

* s. Aug., Confess., 1. 6, c. 8, t. 1, p. 125. a Wallon, Hisl. de resclav., t. 3, p. AbÂ.

» ibid.

* Symm., ep, 10, 61. — Wallon, ibid,, note 93.

s Prudent., in Symm.^ 2. 1121, — S. Aug. , dé CaUeh, rudib., e. 16, t. 6, p. 280.

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