‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 207 sur 282 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

eboristes, figurants ou directeurs ^ . Le peuple d^éoéré n'es^ tiomit plus que les agents ou les complices de sa bassesse. Il quittait tout pour le théâtre ^ . Les femmes , ea Occident du moins ' , s'y mêlaient aux hommes , et savouraient ^ ap-. plaudissaient , sans rougir, les farces les plus obscènes 4. Les spectacles publics ne suffisant plus , on appela , comme aux temps païens, les bouffons, les mimes, le^ courtisanes, tout Tappareil de la scène, dans le sanctuaire de la famille , aux festins solennels et aux noces <^. Des troupes d'histrions et de danseuses allaient au-devant de la jeune mariée , et la conduisaient chez son époux avec des chants lascifs <). S. Augustin nous apprend qu'aux fêtes des martyrs, l'église ellemême était envahie par une populace en délire , qui y passait la nuit à danser, en chantant les choses les pJus infâmes 7. Les saintes colères des évéques se brisaient contre les habitudes d'un peuple corrompu de longue main par une religion mauvaise et par des gouvernements dont la plus grande force était la dégradation et la bassesse des gouvernés. Les spectacles étaient l'opium de la liberté : les empereurs le versaient au peuple d'une maiu prodigue et traîtresse , et le peuple enivré s.'enivrait encore en bénissant ses empoisonneurs ». Les sanglants désastres de l'invasion apaisèrent à peine cette fièvre fatale. Quand les théâtres

< Amm. Marc, 1. 14, c, G.

2 Chrys.»l. 7, p. 99, 100, cil. 6, p. i72 — Salv., ibid., 1. G.

* Voir la note Z à la fin du volume.

* S. Aug., de Cirii. Dei, I. 2, c. 4.

5 Chrys., t. 7, p. 500; t. 5, p. 13:J; t. i , p. 490, 539; t. 8, p. 291, inUrspur.; t. 3, p. 295; i, 10, p lOi; t. 11, p. 417, 430.— Greg. Naz., l. 2, p. 1094. — S. Hier., ep, 47 ad Furiam, t. 4, p. 2, p. 559 cl p. 668.

® ChrTS., ibid,

■' S. Aug,, in «a/. — S. Cypr., t. 5 , p. 1252.

^ Une loi d'Honorius reconstitue les spectacles que la prise do I<ome avait suspendus. Elle annulle toute libération de faveur accordée aux femmes de la scène , et charge du soin de les y ramener le tribun des plaisirs : Ut voluptatibus populf.,., tolitui ornatus déesse non posstU (Cod. Theod., 15, 17, de icenicis, 43. — Wall., Hist. de Tesclav., t. 3, p. 432.

43S S. JEAM ^fmrooaTQME.

furent toaibés, conune tout le teste « janB^^Bs-xoope dei barbares; quand, dans les viUes fo oeûdreHs les gfMÔtaola& publics eureni cessé fauiede 8pec4ateir8.s 1^ spé^ulilion exploita les Oamilles , et les bistriODs paseèrent 4b la scène aux salons > .

Cette incorrigible fureur d'amusements et de jenx trouvait un perpétuel aliment dans l'oisiveté du peuple , détes*table et inévitable résultat de la dépréciation et du déconra*gement qui frappait depuis long- temps le travail libre. Ce n'est pas que la population industrielle ne fût encore asees nombreuse dans les grandes villes. S. Basile abr^e ses iiscoprs en laveur de cette portion de son auditoire quî gagne péaiblement sa vie par le travail ^. S. Cbrysostôme parle avec imérét de ces infatigables ouvriers qui , après les rodes labeurs du jour, passent encore la nuit à baltre le fer eor l'enclume ^ ; il ee plaint qu'une ardeur immodérée pour le gain lui ravisse, le dimanche , une partie de ses auditeurs > ; et quelques-unes de ses comparaisons sont prises dans i«B conditions d'apprentissage souscrites par les pères de âimilto au nom de leurs enfants «. On sait d'ailleurs qu'artisans et marchands formaient dans chaque ville autant de corpora* lions que de professions et de métiers. Ces corporations, qui portaient le nom de collèges, étaient reconnues par la loi , traitées comme personnes civiles, et à l'instar des corps poUtiques organisées en décuries et centuries , avec des chefs ou maîtres qui s'appelaient duumvirs ou quinquermales, des questeurs ou curateurs pour la comptabilité et la gestiop

1 Salv., de Gubern, Dei, p. 297.

^ Mùller, de Genio, etc., œvi 77ieod., p. 141.

s S. Basil., Hexaem, hom. 3, S 1.

* Chrys., in «c(., hom. 26, t. 9, pp. 213, et t. 3 , p. 52 et 53.

» //., hom. de Dapt. Christ., g 1, t. 2 , p. 368 , -- et de Ann, lerm. <i ,

///.« ibid., et t. 1 j p. 108 ^adv. opp. vit. monoêt, , 1. S. — Hom. 58

foan., t. 8, p. 343.

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