CHAPITRE Xm
des aflGÛTBs comamnen ^ ûe^ secréUtires, des décurions, des adjodantt, ^ même des affiraochis et des esclaves : et chaeime avait uopation choisi parmi les plus grands persomiages de l'entre pour la protéger de son nom et de soD inflaence. Ce qui est mieux , les membres des corporations pouvaient parvenir aux magistratures de la cité et môme au rang de comtes , dont les princes leur assuraient les avantages , à moins qu'ils ne préférassent, aux bonneurs et aux charges qui en étai^t la suite , les profits de leur simple milice < .
De son côté , le Christianisme apportait à la grande cause du travail libre l'irrésistible puissance de ses doctrines. La réhabilitation du travail lui semblait , à bon drort , le préa* lable nécrasaîre de Témanctpation des esclaves , et il poursuivait ce double but avec un zèle éclairé et soutenu , comme la déduction logique de ses enseignements. En eiFet, le travail , selon lui, n'est pas le lot humiliant de quelques malheureux , mais la loi de l'humanité , loi non pas d'expiaticm seulement, mais de progrès, la continuation de l'œuvre de Dieu dans le monde , un préservatif contre les entraînements du péché , une source de joies pures et de vertus , d'avantages temporels et de richesses spirituelles « . Où donc le Fils de Dieu fait homme avait-il passé les plus nombreuses années de sa vie terrestre , si ce n'est dans un atelier? Qui avait-il choisi pour confidents de ses divines pensées , pour apôtres de son Évangile , si ce n'est des pécheurs, des corroyeurs, des artisans? La classe la plus rapprochée du cœur de Jésus-Christ , c'était donc la classe ouvrière. L'Éghse s'en occupe avec une pieuse sollicitude, et de toutes ses forces elle plaide la cause du travail et
» Wall., Hisl. de l'egclav., p. 242 , 249. — Symm., ep, 5 et ep. 10 : Vir clahstimui cornet 9i tMcanieut,
3 Chrys., nd Stagyr.^ t. i, p. 159, et hom. m illtid: Salut, pritc, t. 3, p. 178 et 8uiv.
4M S. JEAN CHRVSOSTOME.
du salaire contre la doreté et Timprobité des riehes < . Sauf les professions déshonorantes , toutes les autres sont protégées par elle. Dès l'époque des catacombes, elle atait fait des foiêoreê, c'est-à-dire des fossoyeurs des cimetières chrétiens , une corporation religieuse , presque un oixlre ecclésiastique ^. Les veuves qu'elle entretient sont appli«quées au service des malades sans famille , et de nobles matrones , d'augustes impératrices , renonçant aux distinctions de ta naissance et de la fortune , se vouent aux plus humbles fonctions de la vie domestique s, deviennent dans les hôpitaux les servantes des malheureux ^ Partout dans les monastères , le travail des mains figure au premier rang entre les règles fondamentales de la vie parfaite a. Il a sa part de gloire et sa couronne dans le séjour des Saints ; et d'obscurs artisans , parvenus des plus viles professions au trône de Jésus-Christ , patronnent du haut du ciel leurs pauvres successeurs dans les métiers de la terre.
On était loin sans doute de ces vieux préjugés romains , qui regardaient tout métier comme sordide, toute industrie comme vile, tout salaire comme un contrat de servitude, qui tournaient en ridicule ces villes barbares où les artisans prenaient part aux délibérations pubUques *, et faisaient prononcer la peine de mort contre un sénateur déchu jusqu'à diriger une manufacture. Et cependant, malgré les encouragements du prince et Tinfluence des idées chré-
J s. Ambr., de Tob.y 24, 1. 1, p. C22. — Chrys., hotn, GJ m 3Iaih., i. 7,
2 Dans un ouvrage faussement attribué à S. Jorôqie» mais ({ui lui est contemporain , les fossoyeurs , qui à l'exemple de Tobie ensevelissaient les morts, sont regardés comme un cinquième ordre mineur, après celui des portiers (S. Hier , t 5, p. 100), et recommandés aux évèques comme des frèrps.
3 S. Hier., ad Pammach., t. i, ail. part., p. 587. 11 parle de Paule et d'Estochium ; — et ibid. , p, 660.
* Theod., 1. 5, c. 19, à propos de l'impératrice Fbccilla.
5 S. Hier, ad Bust.^ t. i, ait. part., p. 775. — S. Bas., reg.fus, tract,— S. Aug. , de Op. monach., t. 6 , p. 797.
6 Cicer. , de Olpc., 1, 42; — pro Flacco, 7, 8.