‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 24 sur 282 · CHAPITRE n. iS · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. iS

cœar da roi qui connaît Dieu est dans la main de Dieu , mais non le cœur du tyran qui adore les idoles. Si Tempe* reur ordonne , et s'il est ce que tu dis, je le tiens non-seulement pour un tyran , mais pour le plus misérable des hommes. > Et le saint prôtre fut battu de verges, étendu sur le chevalet , cruellement torturé , et enfin mis à mort < .

Deux officiers de la garde impériale, Juventin et Maximin , se plaignaient à table , au milieu de leurs camarades , des injustices et des violences dont les chrétiens étaient l'objet. Dénoncés à Julien et par lui interrogés, ils renouvellent en sa présence leurs plaintes respectueuses. On les jette en prison ; leurs biens sont confisqués ; caresses, menaces , on emploie tout pour leur arracher une abjuration. Rien n'ébranla leur constance. Le prince, qui se vantait de sa douceur, les fit appliquer à la question , puis décapiter au milieu de la nuit 3 .

Ces cruautés , ces assassinats par la main du bourreau indignèrent Antioche , ou Julien d'ailleurs était détesté. Jean , qui avait vu tomber ces nobles têtes et recueilli les derniers soupirs de ces héros, sentit profondément les sanglants outrages infligés à la religion de sa mère et de son cœur. Sa foi s'exaltant dans son âme en proportion des périls qu'elle faisait courir, il éprouva, lui aussi, le désir de donner sa vie pour la cause de Jésus-Christ. Plus tard , sur la tombe commune de Juventin et de Maximin , il prononça en leur honneur un admirable discours , pieux dithyrambe où respire l'enthousiasme du martyre ^ . On se demande , à l'entendre , s'il ne fut pas l'un de ces hommes courageux qui bravèrent tout pour enlever les restes sacrés des victimes et les ensevelir honorablement. « Le sang des

> Act. martyr, , p. 658.

2 Théod., 1. 3 , c. 15. — Ghrys. , t. 2 , p. 580 et sq. — Voir aussi le martyre des Ss. Bonose et Maximilien â Antioche (Act, "nartyr, , p. 66i). « Chrys. , t î , p. 578.

saints , dit-il , parle et crie , et si sa voix ne résonne pas à Toreiile , elle retentit dans la conscience des meurtriers. Mais , poursuit-il , après ce massacre heureux , il y eut des fidèles qui , au péril de leurs jours , retirèrent les glorieux athlètes de la fosse où ils gisaient pour leur donner une sépulture décente , presque martyrs eux-mêmes , car la mort qu'ils n'ont pas subie, ils Font souhaitée. Ceux qui étaient là , à qui il fut donné de voir ces corps privés naguère de vie , attestent qu'étendus devant le sépulcre , leurs visages resplendissaient de la même beauté que celui d'Etienne dans le conseil des Juifs , et tous furent saisis d'une sainte frayeur , tant cette vue les impressionnait * ! »

Le règne de Julien passa sur l'Église comme une trombe. Jovien lui succéda. Soldat intrépide , chrétien éprouvé, il fit rétablir sur le labarum le monogranmne du Christ , rappela de l'exil les évéques bannis par Constance , déchargea les égHses des taxes qui les accablaient, et mourut quelques mois après son élévation au pouvoir, sans avoir pu réaliser toutes ses bonnes intentions à l'égard du Christianisme, remonté sur le trône avec lui pour ne plus en descendre. Appelé à prendre les rênes de l'empire dans les circonstances les plus critiques , Valentinien revêtit la pourpre à Nicée le 26 février 364 , et pour le malheur du monde s'associa son frère Valens , auquel il donna l'Orient et Constantinople. Administrateur habile , capitaine heureux , caractère droit et ferme , ennemi déclaré des mauvais fonctionnaires , grand et terrible justicier, il gâtait , par les cr^portements d'une âme indomptable et dure, les plus hautes qualités. Victime, sous Julien, de son attachement à la foi chrétienne >, il s'efforça de réparer au plus tôt les maux de la dernière persécution , rendit aux chrétiens les chaires et les biens qu'on leur avait ravis, prescrivit la sanctification du dimanche , et

> Chrys., t. 2 , p. 583.

2 Tbéod. , l. 5,c.21.

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