CHAPITRE XV
mais de la part du Prophète. Dès qu'il va vous apercevoir , le véhément IsaSe vous criera : Voici ce que dit le Seigneur aux superbes fiUes de Sian : parce qu'elles ont marché la tête haute , avec des regards et des pas affectés , traînant leurs longues robes, le Seigneur les dépouillera de leurs vains ornements; une vile poussière succédera attx parfums, une corde grossière aux ceintures d*or * . Après Isaïe , Paul vous accuse à son tour, quand il rappelle à Timothée que vous ne devez vous parer m avec des cheveux frisés, ni avec des ornements dor, ni avec des perles, ni avec des vêtements somptueux. Cette recherche, ces vanités sont déplorables en tout lieu , mais surtout lorsque vous entrez dans le temple du Seigneur, à travers la foule des indigents; car si vous aviez dessein de les soulever contre vous , pourriez-vous faire mieux que de prendre ce masque d'inhumanité? Songez combien de ventres affamés, combien de corps nus vous voient passer avec cette pompe satanique ! Qu'il serait mieux de nourrir ceux qui manquent de pain que de percer le bout de votre oreille et d'y suspendre la nourriture de mille pauvres « ! Mettez-vous votre gloire à être riche , votre mérite i vous couvrir d'or? Quand votre fortune serait le prix légitime de vos travaux , vous seriez très - coupable de la prodiguer; mais si elle est le fruit de l'injustice, quel crime n'est-ce pas d'en user ainsi ? Aimez-vous les louanges? Dépouillez ce luxe ridicule; alors tout le monde vous admirera et vous jouirez d'une
volupté pure Et comment pourriez-vous, ainsi parée,
embrasser et baiser les pieds de Jésus-Christ ? Il déteste de pareils ajustements ; c'est pourquoi il voulut naître dans la maison d'un artisan, ou plutôt dans une étable, dans une crèche. Oserez- vous vous présenter à lui , n ayant rien de ce qui lui plait , avec une parure qui lui est odieuse ? Qui-
' Isaïe , c.di V. 4.
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b30 S. JEAN CHRYSOSTOME.
coaque approche de ce divin Sauveur, doit être orné, non de magnifiques vêtements , mais de vertus... Qu'est-ce donc que cet or? Rien, si ce n'est terre et cendre. Ajoutez de Teau , ce sera de la boue ; et cette boue , — pouvez-vous y penser sans rougir ? — vous en faites votre idole , vous négligez tout pour vous en occuper , vous Tétalez et portez partout. Du moins, faudrait-il vous en dépouiller quand vous venez ici. L'église n'est pas faite pour de pareilles exhibitions , on ne doit y montrer que des richesses spirituelles ; et vous , comme si vous alliez vous donner en spectacle , vous arrivez parées avec afifectation , à l'instar des comédiennes , et, comme elles, portant avec grand appareil de ridicules colifichets > . Aussi ne paraissez-vous dans le saint lieu que pour la perte de vos frères ; au sortir de l'assemblée , chez eux , à table , ils parlent . de vos vanités , et , oubliant le prophète et l'apôtre , ils ne s'entretiennent que de riches étoffes , de grosses pierreries , et de mille choses également inconvenantes. C'est l'attache à ces frivolités qui cause votre négligence et celle de vos maris à faire l'aumône : quelle femme consentirait à détacher une parcelle de cet or pour apaiser la faim d'un malheureux ? Et comment les employer au soulagement des autres , quand vous-même , plutôt que de vous en priver, vous vous résignez à vivre dans la plus grande gêne ? 11 en est qui chérissent ces vains ornements, comme s'ils avaient une âme , et non moins que leurs propres enfants. — Fi donc ! criez-vous. — Eh bien ! témoignez par vos œuvres que cela n'est pas. Or, je vois précisément le contraire. Est-il une des femmes en proie à cette passion, qui ait sacrifié ses parures pour arracher son fils à la mort? Que dis-je ? en est-il une qui veuille acheter à ce prix le salut de son âme? Hélas ! on en voit beaucoup qui vendent
' Nous rendons mai : Msrà âci'ptXeiaç rbv xarayi^aaTov avràîv toûtov