CHAPITRE XVI
plas rapprochée à côté du roi , et certes avec rûsoD , car la virginité , ie jeûne , la pénitence ne servent qu'à celui qui les pratique ; mats l'aumône se répand sur tous les membres de Jésus-Christ . . . Elle est la mère de la charité, de la charité qui est le plus bel ornement des Chrétiens , le signe auquel on reconnaît les vrais disciples de TÉvangile ; elle est le grand remède de nos péchés , Téchelle dressée entre la terre et le ciel , le lien qui réunit ensemble les diverses parties du corps du Seigneur i . . . C'est une
grande chose et d'un très-grand prix , qu'un homme appliqué à Taire l'aumône. Cette grâce vaut plus que celle de ressusciter les morts. Nourrir Jésus-Christ quand il a faim, n'estH^e pas plus parfait que de tirer un homme de la tombe au nom de Jésus-Christ? Dans le premier cas, tu donnes à Dieu; dans le second, tu reçois de lui. Or, la récompense est promise, non pas à ceux qui reçoivent, mais à ceux qui donnent^... Donne aux pauvres, dit-il ailleurs, et voilà ton juge apaisé. La pénitence sans l'aumône est morte , ou du moins elle n'a point d'ailes, elle ne pout voler en haut 3 . . . Faire l'aumône , c'est exercer le meilleur des commerces : on achète à bas prix pour revendre très-cher ; car qu'y a-t-il de meilleur marché qu'un peu de pain , quelques vêtements communs ? En les donnant à ton semblable , tu les vends à Dieu v . . Celui qui prête veut un gage, une hypothèque, une caution. Maison serait l'hypothèque du pauvre ? il ne possède rien. Son gage? le pauvre est nu. Sa caution? il est sans crédit* Or, Dieu voyant le pauvre en péril à cause de son indigence, le riche à cause de sa dureté, se place entre les deux : au pauvre il s'offre comme garant, au riche comme gage. Tu ne veux pas prêter à cet homme, dit-il,
« Chrys., in ep. ad TH., hom. 6, t. il , p. 768. '^ Chrys., in H. ad CoHnth. hom. 16, t. 10, p. 556. s Chrys , de Pctnii. hom, 7, t. 2, p. 330. « Ibid,
668 S. JEAN CHRTSOSTOME.
à cause de sa misère , eh bien ! prôte«moi à cause de mon opulraoe* . . . Ne crains rien', ton argent est entre mes mains » . . Que gagneraii&*tu à le livrer à d'antres? Dooze pour cent, si tu restes dans les limites de la loi. Moi » au contraire , je vais au-devant de ton avarice , je veux assouvir ta cupidité, je veux que mes largesses dépassent tes désirs. Au lieu de douze pour cent, je te donne cent pour uns. Et veux- tu savoir le jour où le débiteur divin s'acquittera vis-à-vis de toi , écoule : Lorsque le Fils de l'homme sera assis sur son trône de gloire , il mettra les brebis à sa droite , les boucs à sa gauche, et il dira à ceux qui seroni à droite : Venez les bénis de mon Père , f avais faim et vous m'avez donné à manger ; f avais soif et vous m'avez donné à boire ^ ; fêtais nu et vous m'avez vêtu . . . Chose admirable ( Le juge terrible ne parlera ni des autres vertus , ni d^ autres crimes ; il ne mentionnera ni la virginité des uns , ni l'impudicité des autres , ni la lie évangéUque de ceux-ci , ni les parjures de ceux-là ; il pèsera surtout la charité omise ou accomplie, parce que toute vertu est moins grande que la charité, et tout crime moindre que la dureté de cœur et l'inhumanité . . Que vos promesses sont belles , 6 mon Dieu ! Que votre royaume est magnifique ! Mais quelle est redoutable cette géhenne dont vous nous menacez ! . . . Donc , prêtons au Seigneur notre amnône . prétons pour avoir en lui un débiteur au lieu d'un juge * . . . Tu n'as qu'une obole ? Donne-la , tu achèteras le ciel. Ce n'est pas que le ciel se vende pour si peu, mais c'est que notre maître est clément et qu'il aime les hommes ^ . Tu n'as pas une obole ? Donne un verre
« Chrys., de Pœnit,, t. 2, p. 337.
2 /6td., p. 338.
s Math., 25. 31.
« Chrys., de Pœnit , t. 2, p. 338.
' Où;^ ort cCwvoc b oùpavoç , ceXVori ^i^âvO^Tro; b ^ioitirtiç. <— /d., t. 2, p. 297.