‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 30 sur 282 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

je ne sais quoi de noble et de saint qui respirait dans sa personne ; ceux-là , à la réserve où il vivait » l'avaient pris pour Tun d'eux.

L'entrée du nouveau pasteur dans la métropole de la Syrie eut quelque chose de triomphal. La ville en masse se porta à sa rencontre. Les païens eux-mêmes se montraient pressés de voir et de saluer un homme que précédait une haute renommée d'éloquence et de vertu. Les Eusthatiens restèrent à l'écart, et repoussèrent une élection que la coopération des hérétiques rendait nulle à leurs yeux.

Quelques jours après , Constance vint dans la grande église d'Antioche , et demanda aux évéques réunis d'expliquer au peuple en sa présence ce passage célèbre du livre des Proverbes : Le Seigneur m'a créé au commencement de ses voies^^ passage sur lequel les Ariens étayaient principalement leur argumentation. Des sténographes devaient recueiUir avec soin les paroles des orateurs.

George de Laodicée et Acace de Césarée parlèrent d'abord : le premier en arien déclaré , le second en homme cauteleux qui tâchait de passer entre Terreur et la vérité 3. Quand le tour de Mélèce fut venu , l'auditoire redoubla d'attention. Le nouvel évéque d'Antioche débuta par ces mots : « Le sage Ecclésiaste a écrit que la fin d'un discours vaut mieux que le commencement. En effet , il est plus sage et plus sûr de terminer une discussion que delà commencer... D'ailleurs , le corps de l'ÉgUse n'est pas un seul membre , mais la réunion de plusieurs qui doivent s'aider, non se combattre. La tête ne doit pas dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous ; mais pour que l'harmonie existe , il faut que chaque partie se conforme à l'esprit de l'ensemble. Par quel autre exorde pouvais-je commencer mon discours que par une exhortation à la paix ? Et n'est-ce pas la paix

> C*eit la fenion dei Seplanie. Pro?., c. 8. s Théod., 1.3, c. 31.

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qui doit être le point de départ et le but de nos paroles et de nos œuvres ? » Puis , après quelques mots sur lunité de l'Église et la charité, il en vient à la question : « Est-ce que vous voulez éprouver la puissance de Jésus-Christ qui parle par ma bouche ? < » Et il expose d'une manière courte , mais claire et digne , la doctrine du Verbe , Fils de Dieu , Dieu de Dieu , un seul d'un seul, semblable au Père et son caractère parfait , subsistant par lui-même et permanent, sagesse et puissance au-dessus de toute sagesse et de toute puissance, qui a créé tout cet univers et le conserve à jamais. Toutefois Torateur évite par discrétion le mot de consuhstantiel ; et, passant rapidement sur le texte imposé, il Tinlerprète dans le sens catholique , et s'écrie : « 0 profondeur de la sagesse et de la science de Dieu, que vos jugements sont incompréhensibles et vos voies investigables ! * « Après quoi , il dit que l'homme n'a besoin de savoir autre chose , si ce n'est que Jésus-Christ est le vrai Fils du Père, Dieu de Dieu. Par lui, poursuit-il, tout a été fait et rien n*a été fait sans lui * . Ces mots renferment toute la doctrine. Que Dieu nous donne de dire avec le sage Abraham : Puisque j'ai commencé , je parlerai encore à mon Seigneur, quoique je ne sois que poussière et cendre ^ , afin de ne pas nous enorgueiUir comme les cèdres du Liban ; car ce n'est point arec les discours persuasifs de la sagesse humaine ^, mais par la foi , qu on acquiert la véritable et pacifique sagesse. Qu'il nous donne, dis-je , de ne pas douter , et , quoi que nous fassions , de plaire au Père avec le Fils, dans le Saint-Esprit «. »

Ce discours , auquel S. Epiphane a trouvé quelques

" Ad Corinth,^. c. 13.

^ Ad Roman, c 11.

> Joan., c. I.

« Gen. 18.

^ Ad Corinik, 1. ci,

• Epîph., *4Pr. 73 , n 29.

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