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à Alexandrie pour voir Athaoase qui n'y était plus, et le philosophe Eusthate > qu'il cherchait partout et ne trouvait nulle part , se rendit à Jérusalem , à Jéricho ^ , et visita ces lieux vénérés des chrétiens où l'empreinte des pas du Sauveur était encore visible.
Il n'était pas rare d'ailleurs , à cette grande époque du Christianisme , de voir des hommes généreux , épris de la beauté de l'Évangile , s'en aller le bâton à la main , comme autrefois Pythagore et Platon , non plus pour connaître les mœurs des peuples et des cités , ni pour recueiUir les oracles de Memphis ou les traditions des écoles , mais pour s'instruire d'une philosophie plus haute, et de pays en pays, d'église en église, de désert en désert, visiter les pasteurs et les solitaires renommés, recueillir de leur bouche même des enseignements qui , donnés de vive voix, résonnent plus fortement dans l'urne qui les reçoit^ j contempler les monuments primitifs de la foi, toucher, baiser d'augustes reliques , s'abreuver aux plus pures sources de la prière et de la vertu , et , pour quelques jours du moins , respirer, loin des routes battues du vulgaire, où ils suaient, où ils étouffaient, l'air pur et vital de la solitude et de la liberté. Leur regard et leur cœur se reposaient , au miUeu de ces grands horizons de la nature et de la pensée , si calmes et si beaux , de ce spectacle dégoûtant de décomposition et de servitude qu'ils rencontraient partout ailleurs. Car ce monde prosterné devant les caprices in despotisme ne pouvait , au prix même d'une telle abdication et de tant d'abaissement , acheter la moindre sécurité , ni contre l'anarchie au-dedans , ni contre les barbares audehors.
Jean, moins que personne, dut résister à cet attrait
« Tillem., t. 9, p. 25.
* Bas., 1. 1, p. 470, et t. 8, p. 11.
* S. Hier.