‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 56 sur 282 · CHAPITRE lY. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY. i

indirect, mais formel et précieax, de la foi des temps antiques par rapport à la doctrine catholique de la pénitence.

« Qui peut y penser sans étonnementî s'écrie-t-il.

Des hommes qui ont leur séjour sur la terre , dont l'existence y est attachée , ont été commis à la dispensation des choses du ciel; ils ont reçu un pouvoir que Dieu ne donna ni aux anges ni aux archanges. Ce n'est pas à ces esprits purs qu*il fut dit , en effet : Ce que vous délierez sur la ferre sera délié dans le ciel ^ . Les princes d'ici-bas ont bien la puissance de lier et de délier, mais les corps seulement ; tandis que le lien dont je parle avec TÉvangile saisit Tâme même et se rattache aux cieux , et tout ce que les prêtres font ici -bas, Dieu le ratifie là -haut : le maître confirme la sentence du serviteur. Que leur a-t-il donné par ces paroles , si ce n'est la toute-puissance des choses célestes? Les péchés seront remis, leur dit-il , à qui vous les remettrez; ils seront retenus à qui vous les retiendrez^. Qu'y a-t-il de supérieur à un tel pouvoir? Le père a donné au fils tout jugement ^ : et je vois le fils transmettre ce droit tout entier à ses prêtres, comme si déjà transportés aux cieux , supérieurs à la nature humaine et libres de nos passions , ils avaient été revêtus à ce titre de cette autorité suprême * A eux fut confié l'enfantement spirituel

des âmes, à eux de les faitre naître par le baptême. Par eux , nous sommes revêtus de Jésus-Christ , nous sommes ensevelis avec le Fils de Dieu, et nous devenons les

membres de ce divin chef Guérir les corps de la lèpre ,

ou plutôt constater seulement la guérison et non l'opérer : voilà ce que pouvaient les prêtres chez les Juifs , et tu sais avec quelle ambition on briguait alors la dignité

1 Math., 18.

^ Joan., 5, V. 42.

1 Joan., évang., c. 20.

« De Saeerd., l. 3, n« 5, p. 383 , — aliài c. i.

iiO s. JEAN CHRYSOSTOME.

sacerdotale. Les prêtres de la nouvelle loi ont reçu pouvoir, non de constater mais d'opérer la guérison , non de la lèpre du corps mais de la souillure des âmes. Ceux donc qui les méprisent sont coupables et méritent un plus grand châtiment que Dathan et les siens La puissance que Dieu

leur a donnée sur nous est bien plus grande que celle de nos propres parents. Entre les uns et les autres la différence est la même qu'entre la vie future et la vie présente. Les parents nous engendrent à celle-ci; les prêtres à celle-là. Les uns ne peuvent nous préserver ni de la mort ni des maladies ; les autres , au contraire , ont sauvé plus d'une fois les âmes malades et prêtes à périr , . . . . et , soit dans le sacrement de la régénération , soit après , ils ont toujours le pouvoir de remettre les péchés « . »

Mais, lorsque parlant des fonctions les plus hautes du sacerdoce , il soulève le voile du sanctuaire et montre le prêtre à Tautel , calvaire mystique , apportant au Très-Haut Tholocausle spirituel du monde , tenant dans ses mains la rançon de Thumanité, le sang de Jésus-Christ, nouveau Moïse , nouveau Jésus , Messie perpétuel de toutes les expiations , de tous les vœux , de toutes les espérances ; alors le langage de l'écrivain prend un éclat surnaturel , sa parole semble sortir fulgurante d'un autre Sinaï, sa foi éclate comme une poésie subUme , comme un hymne angélique , comme une soudaine apparition des séraphins qui entourent le trône de Dieu. C'est l'apothésose du prêtre , mais apothéose à le faire trembler et s'anéantir sous le poids de ses devoirs et dans le sentiment de son insuffisance, à lui faire tourner la tête , non d'orgueil, mais de frayeur et d'humilité.

« Le sacerdoce , dit-il , s'accomplit sur la terre , mais il fait partie des choses célestes. Ce n'est pas un homme , ce

^ De SacertL, I. 3 , c. 6 , aliàsb, p. 384.

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