CHAPITRE IV. m
n'est pas an ange , ni un archange , ni aucune puissance créée , mais le Paraclet lui-même qui a institué ce grand ministère ; c'est lui qui Ta ainsi voulu ; des êtres plongés encore dans la chair ici-bas sont appelés à remplir les fonctions des anges ! II faut donc qu'il soit pur celui qui entre dans le sacerdoce , pur comme s'il vivait au ciel, au milieu
des puissances célestes Et, en effet, quand tu vois
le Seigneur immolé, étendu sur l'autel, le sacrificateur en prières, penché sur la Niclime, et tous les fidèles empourprés de ce sang précieux, je te le demande, crois-tu être encore sur la terre parmi les hommes? N'es-tu pas plutôt transporté dans les cieux, et, toute pensée charnelle bannie , comme si tu étais un esprit pur , di'pouillé de la chair, ne vois-tu pas devant toi les choses mêmes du ciel! 0 |)rodige ! ô bonté de Dieu! Celui qui est assis làhaut , à la droite du Père , en ce moment même se laisse prendre par la main de tous , il se livre à (|uiconqae veut l'embrasser et le recevoir. Voilà ce (pii se passe aux regards de la foi. Ces merveilles te semblent -elles dignes de mépris? Sont-elles de nature à être foulées aux pieds par qui que ce soit? Veux-tu en juger l'excellence, représente-toi Élie : une foule immense l'entoure, la victime est placée sur les pierres , tous attendent et regardent immobiles et silencieux , le prophète seul élève la voix pour prier, et tout-à-coup la flamme tombe du ciel et s'empare de l'holocauste. Voilà, certes, un grand prodige et bien étonnant ! Mais de ce sacrifice passe à la célébration de nos mystères , et tu verras non pas seulement des prodiges , mais des choses au-dessus de tous les prodiges. Le prêtre est debout, portant non pas un feu qui s'éteint, mais FEsprit-Saint lui irême; il prie long-temps, non pour ([u'un jet de flamme tombant du ciel vienne consumer les offrandes, mais pour que la grâce, descendant sur l'hostie, embrase par eue les âmes de tous et les rende plus brillantes que
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l'argent purifié par le feu. Qui donc» à moins d'être dans un accès de délire , oserait mépriser un mystère si redoutable? Ne sais-tu pas que jamais âme humaine n'a pu soutenir Faction de ce feu céleste, et que nous serions promptement anéantis sans un secours puissant de la grâce de Dieu*?
» L'iiomme , poursuit le futur pontife du Christ y Thomme qui se lève devant Dieu au nom de tous les hommes , le député , non d'une ville , non d'un peuple , mais du genre humain , qui parle pour les morts et pour les vivants et demande grâce pour tous, celui-là, quel homme doit-il être? Ni l'assurance de Moïse , ni celle d'Élie , ne lui suffisent pour une telle supplication. Comme si le monde entier lui était confié, comme s'il était le père de tous, il se présente à Dieu pour demander l'extinction de toutes les guerres , l'apaisement de tous les troubles , le règne de la paix , la prospérité universelle , le prompt éloignement des malheurs publics et privés , dont la menace est toujours suspendue sur la tête de tous. 11 faut donc qu'un pasteur montre en tout, et par rapport à tous ceux pour lesquels il prie, la supériorité de mérites qui doit distinguer le chef du sujet.
» Mais lorsque , invoquant l'EspritrSaint et célébrant le très-redoutable sacrifice, il tient dans ses mains le souverain Seigneur de l'univers, je le demande, à quel rang le placerons-nous? Qu'elle pureté, quelle piété nous avons droit d'exiger de lui ! Qu'elles doivent être chastes ces mains , cette langue par lesquelles s'accomplit un si grand mystère ! Quelle doit être éminente la sainteté de cette âme qui reçoit l'Esprit infini ! Alors les anges accourent d'enhaut, ils environnent le prêtre, ils remplissent le saint lieu ; toute la hiérarchie céleste se précipite là , autour de l'autel où gît la victime, et proclame sa gloire. Qui donc en pourrait douter s'il songe à la grande chose qui s'accomplit?
1 De SMierd., l. 3 , c. 4, aliài 3 , p. 382 et 383,