CHAPITRE lY. ISS
sacerdoce comme saint , vénérable » d'un accès difficile , et imposant de graves devoirs. Jean, ce sage interprète des secrets de Dieu , ce grand évéque de Byzance et Tœil de toutes les égUses , Ta écrit avec tant de prudence et de soin j que tous , tant ceux qui remplissent selon le cœur de Dieu les fonctions saintes du sacerdoce , que ceux qui s'en acquittent avec négligence , y trouvent , les uns , de quoi nourrir leur vertu , les autres , de quoi corriger leurs vices > . »
Quant à l'interlocuteur de ces dialogues, on n'en sait guère plus que ce qu'ils en disent. Ceux qui ont vu dans Tami de Chrysostôme , l'illustre évéque de Césarée , son homonyme , sont tombés dans une méprise grossière 3 . Né en 329, Basile le Grand ne fut pas , ne put être le compagnon d'étude de Jean d'Antioche. L'un était revêtu de l'épiscopat que l'autre n'avait pas reçu le baptême.
Photius , en désignant Basile de Séleucie en Isaurie , n'a pas été plus heureux ; car ce Basile de Séleucie assistait en 451 au concile de Calcédoine , et écrivait en 458 à l'empereur Léon. Il est difficile de croire qu'il eût été sacré évéque, comme l'ami de Jean, en 374, c'est-à-dire quatrevingt-quatre ans avant sa mort , d'autant plus que son prédécesseur occupait encore le siège de Séleucie en 431 3.
Ménard émet l'opinion que Basile , celui dont il est ici question, pourrait bien être le même personnage que Maxime , cet autre ami de Jean , que nous avons vu figurer dans sa société intime avec Théodore , et qui mourut évéque de Séleucie sur mer, près d'Antioche. Mais cette hypothèse , absolument gratuite , n'a pour elle aucune vraisemblance.
il n'y a d'admissible que l'opinion de Baronius, adoptée
> Uid. Pelus., ep. 156.
^ Socr., 1. 6, c. 3. — Érasme a répété cette erreur dans sa vie de S. Chrytottôme. — Chrys., op. t. 1 ; édit. de Paris, 1556.
s Phot. Bibi., p. 378. — Stilting, t. 4, sept., p. 425. — Herm., p. 50. ^ Montf., t. 1. p. 361. -TiUem., 1. 11, p. 13.
par MontfauGon et soutenue par Stilting , d'a^Nrès laquelle l'ami de notre Saint serait Tévéque de Raphanée , en Syrie , signé au concile de Constantinople , en 581, sous le nom de Basile * . Raphanée était une petite ville de la Séleocie maritime, entre le château d'Antaradam et FOronte, à quelques pas d'Antioche ^ . Le voisinage permettait aux deux amis de se voir aussi fréquemment qu'ils se Tétaient promis , et presque de vivre ensemble.
1 Montf., iàfd. — Stilting, ibid, -* Bar. , ad an, 382, n« 69. 3 Cell., Geog. anc, t. 2, p. 258.