‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 73 sur 282 · CHAPITRE V. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. U

feetian qu'elle pratiqua depuis, et n'avait que vingt-trois ans, «Écoute, ma fille, lui dit Tanachorète: supposons qu'un peintre du premier mérite ait fait , suivant toutes les règles de Fart , un portrait magnifique , et qu'un ouvrier ignorant vienne , d'une main inhabile , promener le pinceau sur cette œuvre , retouchant les sourcils , corrigeant les paupières , mettant du blanc au front et du rouge aux joues ; penses-tu que le véritable artiste supportera sans se fâcher cette profanation de son œuvre? Eh bien ! ma fille, Dieu se fâche aussi quand il vous voit, vous autres femmes chrétiennes , ajouter de prétendus embellissements au chef-d'œuvre de ses mains. Avez-vous donc la prétention de faire mieux que lui? Son art est-il en défaut? Voulezvous l'accuser d'ignorance ? Laissez , de grâce , ces ajustements et ce fard qui altèrent la pensée du Créateur, et ne vous attachez pas à une beauté menteuse , funeste même à la vertu * . »

Zenon était attaché à la maison miUtaire de Yalens : la catastrophe de son maître l'impressionna si fort , qu'il dit adieu au monde et vint habiter la montagne d'Antioche. Lui aussi, il prit un ancien sépulcre pour sa cellule. Ame élevée et contemplative , dès qu'il eut rompu avec la terre , la terre cessa d'exister pour lui. Dieu seul occupa sa pensée : ses jours , ses nuits furent des extases. Possesseur d'une grande fortune, il vivait dans la plus rigoureuse pauvreté. Une poignée d'herbes sèches sur la pierre était sa couche ; la moitié d'un pain de six onces , sa nourriture de chaque jour. Il allait chercher au loin l'eau qui lui servait de boisson. Théodore t visitant la montagne le rencontra , comme il revenait de la fontaine, écrasé sous le poids de deux cruches pleines ; et ne le connaissant pas : « Ou est l'admirable Zenon , lui dit-il? — Admirable Zenon ! répondit le solitaire , personne ici ne

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