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porte ce nom-là. » Son humilité même le fit reconnaître à son visiteur.
En 404 , les Isaures se répandirent comme un torrent sur la Syrie. Ils pillaient les monastères, égorgeaient les moines: rien n'échappait à leur fureur. Zenon, à genoux dans le tombeau qui lui servait de demeure, et tout entier à sa prière, ne vit, n'entendit rien de ce qui se passait autour de lui. Des anges veillaient à sa porte, et repoussèrent les ravageurs *.
Au fond de Tanse formée par le Télamissus , entre une multitude de villas opulentes , se montrait un bourg populeux appelé Télédan , étage sur les dernières pentes de la montagne toute couverte de myrtes, de lauriers, de pins et de cèdres jusqu'à la base d'un pic énorme qui la surmonte , alors couronné des ruines pittoresques d'un temple païen. Au milieu de ce bois, en face de la mer qu'on voit resplendir au loin, le solitaire Amnien avait réuni une colonie d'ascètes. La voix de leurs cantiques se mêlait aux soupirs du vent dans les cèdres, et la montagne entière était comme une grande harpe aux sublimes accords. Ëusèbe fut mis à la tête du monastère ; mais son exemple seul tenait lieu de commandement. Son regard allumait dans les âmes les plus lâches le feu de la sienne. Plein d'indulgence pour tous, il était impitoyable pour lui-même. Un jour, assis sur un rocher à côté d' Amnien , ils lisaient l'Evangile ensemble , suspendant la lecture de temps à autre pour se communiquer mutuellement les saintes pensées qu'elle faisait naître dans leur cœur. Au bas, dans la plaine , des laboureurs traçaient les sillons de leurs champs. Eusèbe, distrait, les suivait machinalement de l'œil ; il n'entendit pas les derniers mots que venait de lire Amnien. Cette distraction lui parut un crime. Pour s'en
1 Theod., iM., c. 12.