Service du bout de l'an
faîre, Ton prendra un longier de mur, qui fait la cloison du jardin de l'hôtel où je demeure, et un autre mur bas, qui est au dedans dudit jardin ; desquels deux murs sera fait ce longier par dehors dudit hôtel, devers le gros sin * et par dedans de mon pignon ; lequel hôtel je veux et ordonne, que soit une aumônerie pour héberger les pauvres, et qui soit fait et accompli dedans un an, en manière que lesdits pauvres y soient reçus, et que, au coin dudit hôtel, devers ledit sin de la ville, soit fait un autel et oratoire clos et garni, pour chanter la messe aux pauvres de ladite aumônerie. En laquelle maison aura six lits, garnis de châlits, de tous draps nécessaires ; c'est assavoir, chacun desdits lits de coite, coissin, bonne courtepointe, d'un tapis et d'une serge de Dinan bonne et comportant, et sera encourtiné chacun lit pour coucher deux pauvres. Je veux que ledit oratoire soit garni d'un calice de deux marcs et demi d'argent, d'un missel comportant, d'une chasube, aube, amicqueton, corporaux et trois tenailles. Veux aussi, que audit oratoire soit dites trois messes la semaine, c'est assavoir le lundi des morts, le mercredi de la croix, et le samedi de la vierge Marie. Et sera intitulée et appelée perpétuellement ladite maison et aumônerie, « Notre- Dame. »
» Je veux que tous les biens, suffrages, prières et oraisons qui, dorénavant, seront faits perpétuellement en ladite aumônerie, reviendront au salut des âmes des feus sire Jehan de Saumur, Pernelle Dessideuil, Jehanne de Saumur, ma première femme, mes enfants et de tous ceux de la lignée des Saumur trépassés ou à trépasser, de mon père, ma mère, moi et tous mes parents trépassés et à trépasser, et aussi pour tous ceux à qui j'ai méfait et auxquels je ne saurais satisfaire. Et pour faire tout ce, le service divin, recueillir les pauvres perpétuellement, et autres choses nécessaires à icelle aumônerie, je laisse tous mes biens immeubles et héritages quelquonques que j'ai en cette