‹ Saint-Jean-d'Angély: d'après les archives de l'échevinage et les sourcesChapitre 15 sur 24 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Dieu î veDge ton injure, Contre l'infâme parjure, Arme toute Ja nature, Remplis la de les fureurs !

Dans ton courroux implacable, Que sur sa tète exécrable Verso un torrent de malheurs !

Que le remords le harcelle î Que ta justice éternelle.

Dans son àme criminelle.

Porte le trouble et l'eUroi !

Et que, sans cesse présente, Lne image menaçante, A sa paupière tremblante, N'oiïre que son crime et toi !

Que la foudre dévorante, Sur sa vigne llorissante, Sur sa moisson jaunissante, Tombe, et roule en mugissant !. ,.

Que SOS étables périssent !

Que ses enfants le trahissent !

Que ses voisins le maudissent !

Qu'il vive seul et soulTrant !

Oue sur SCS lèvres perlide?:, Soient gravés en traits livides, Son nom ses vœux parricides, Pour elïrayer les pervers î Qu'il soit sans feu, sans asile, Se traînant de ville en ville, N'ayant amis ni iann'lle, En horreur à l'univers !

Mais, (\iw loin de sa pairie, iV)rlan( une àme llélrie, Il aille à la tyrannie, OITrlr un front dégradé!

Là. qu'au sein de l'esclavage, II se dessèche de rage, En contemplant le rivage, Où règne la liberté !

(A Saintes, chez Corinlhe, Josserand et Ifus, imprimeurs du déparloment, maison du ci-devant doyenné).

Les moines bénédictins de Saint-Jean-d'Angély, avaient été expulsés de leur nbbaye et de leurs biens, dès 179:2 ; menacés, pour refus du serment constitutionnel, d'être renfermés et traités militairement dans le couvent des capucins, ils se décidèrent à aller se réfugier à Tétranger. Leur nombre était alors réduit à quatre : dom Deforis, dom Messeix ; dom Desbarres, et Téconome Menepoutet. Ils firent donc leurs préparatifs de départ pour l'Espagne, et convertirent en louis doubles une somme de cent mille francs, composant le trésor monétaire de Tabbaye. La difficulté était de voyager en sûreté avec une somme de cette importance. Voici, d'après d'Aussy, le moyen qu'ils employèrent pour la dissimuler. Ils tirent forer, par un serrurier de confiance, nommé Gamin, Tessieu de la voiture qui devait servir à leur voyage et y placèrent leur or ; d'après Brillouin, ce furent les raies des roues faites par un charron du n^^m de Sureau, qui servirent de cachette au trésor. L'emploi de l'un ou de l'autre de ces moyens parait douteux. Pétait il possible, on effet, de "cacher un aussi grand nombre de pièces d'or dans un essieu ou dans des

roues forées, sans enlever à Tessieii ou aux roues la force nécessaire pour supporter, pendant un aussi long voyage, le poids de la caisse et de quatre personnes, plus les bagages ?

Quoi qu'il en soit, les (juatre bénédictins se mirent en route et arrivèrent sans encombre à Bayonne ; mais en entrant dans cette ville, ils se trouvèrent au milieu d'une farnndole dansée par des patriotes. Entourés et reconnus, ils furent contraints de descendre de voiture pour prendre part à la danse populaire, et, sur leur refus, ils furent conduits à la mairie, accompagnés des cris et des menaces de la foule. Le maire se fit remettre les prisonniers et les fit escorter jusqu'à la frontière, où ils durent se rendre à pied, la prudence leur ayant conseillé de ne pas réclamer leur voiture, qui avait été saisie. Quelques jours après, le prieur des bénédictins de Fontarabie, chez qui ils s'étaient arrêtés, envoya chercher la voiture. Il ne put l'obtenir d'un voiturier, à qui déjà elle avait été vendue, qu'en lui remboursant, avec usure, le prix qu'elle lui avait coûté. Les bénédictins purent donc s'en servir pour continuer leur voyage jusqu'à Ségovie, où, dit-on, ils retirèrent l'or de sa cachette.

La liberté des cultes, proclamée le 27 octobre 1791, reçut la plus grave des atteintes lorsque la Raison déifiée s'éleva à la place des religions [)roscrites. (Novembre 17l)M).

Les monarchies de l'Europe, effrayées des progrès de la révolution française, qui mettait en danger leur existence, résolurent de Tôtoulfer dans son germe et signèrent le traité de Pilnitz, le 29 août 1791. Le général en chef des armées coalisées déclarait, dans un manifeste, qu'il rétablirait Louis XVI sur le trône de France, dùt-il, pour atteindre son but, no pas laisser pierre sur pierre à Paris.

Lassemblée nationale répondait à cette bravade en condamnant à mort Louis XVI : mais loin d'en imposer aux ennemis, l'exécution de la sentence les exaspéra ; aussi, peu de temps a^>rès, devant les armées nombreuses qui menaçaient toutes nos frontières, la Convention, qui venait

de succéder à l'assemblée nationale, fit un appel suprême au patriotisme en déclarant la patrie en danger.

Diverses sociétés s'organisèrent à Saint-Jean-d'Angély, les unes cherchant à grouper tous ceux qui voulaient le développement des aspirations nouvelles, tout en respectant scrupuleusement les'principes constitutionnels, comme « société des amis de la constitution », présidée d'abord par Duret, avocat, et ensuite par Jacques-Sébastien Dautriche, président du tribunal du district, qui, nommé député à rassemblée nationale, vota pour la détention de Louis XVI jusqu'à la paix ; l'autre^ dite a société des amis de la, liberté ou de réf/a/ité », et aussi « société [)Opulaire ou de la 7'épublif/nc », avait des tendances révolutionnaires entretenues par Lequinion, l'un des représentants du peuple dans la Charente- Inférieure, qui présida quelquefois ces réunions et notamment celle du 19 nivôse, an II, dans laquelle il fut procédé à l'épuration de la municipalité, et du conseil général de le commune. Aussi, cette dernière devint-elle bientôt prépondérante, tandis que la « société des amis de la constitution », annihilée par sa rivale, était contrainte de fusionner avec elle.

L'un des premiers actes de la société populaire fut de nommer à l'élection un comité de sûreté publique ou de surveillance, sorte de pouvoir exécutif chargé de Texécution de ses décisions. Ce comité comptait onze membres. Il fut composé en principe de Lair aîné. Roquet aîné, Desvignes aîné, Poitevin, Plaisance, Picard, Murât, Bouyer, Sorin aîné, Monnier juge, Paul Roche.

Jacques-Joseph-Robert Lair, Elie-Jean Monnier, Jean- Mathias Roquet, et Desvignes, ayant doflné leur démission, pour cause d'incompatibilités avec leurs fonctions de juge du district, le juge au tribunal de commerce, ou de greffier de ce dernier tribunal, furent remplacés, le 28 brumaire an II, par Chapiot pcre, MouUain fils, Pipi (Déramé), et Texier, avoué.

Les citoyens Binet, Jouslain, Poitou-Duplessis et Bar-

taré, qui composaient le burean de cette élection, prêtèrent, ainsi que les électeurs, le serment dont voici la formule :

<( Je jure de vicre libre ou ntourir, de soute/iir de (oui « mon pouvoir la liberlé, l'éf/alité, et de ne nonuner, en « mon àme et consciem^e, (jue de vrais sans culottes »,

A peine constitué, le comité de surveillance domina tous les pouvoirs administratifs et municipaux. 11 commença par surveiller, de concert avec la municipalité, les enrôlements volontaires.

Le 24 février 179)^, la publication, à son de trompe, de la proclamation des commissaires de la convention nationale pour Tenrôlement volontaire sur les vaisseaux de la république, était faite à Saint- Jean-d'Angély, et la foule se portait à la mairie. Au moment où le président du bureau déclarait le registre des inscriptions ouvert, le citoyen Hardy, négociant, annonça qu'il donnerait 25 livres au premier inscrit ; Parant, négociant, 2î) livres au second ; Binet, juge de paix, pareille somme au troisième.

Nicolas Clément, couvreur, Charles Vergniol, Jacques Moges, Antoine Chauvet, formant le contingent fixé pour Saint-Jean-d'Angély^ firent inscrire leurs noms.

Quelques jours après, les iO, 11 et 12 mars, les registres étaient ouverts de nouveau pour la levée de 300,000 hommes destinés à Tarmée ne terre ; le contingent à fournir par la commune était de trente-quatre : les trente- six engagés ci-après dénommés se présentèrent et furent tous inscrits :

(îiibriel Houliier, appr

enli

Jean Morillon.

épicier.

Jac(iuc6 Robion.

Jacques Beruar^, ap[)i

•rnli

Jean Dumas.

boulanger.

Jacques Frénioul.

.\inbroiso Quanlin.

Bcné Pion.

Joseph Lassimonno, cordon-

Jean Robion.

nier.

Jean Doigneau.

Jacques-BapUstc Moriu.

IMerrc Deribèrc.

François Cloché.

Pierre Lachct.

Nooi Dallemagno.

Jean Pontignac.

Marc-Antoine Grollaud

Pierre Coutanceau.

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