‹ Saint-Jean de Maurienne au XVIe siècleChapitre 10 sur 36 · LA LIVRE · texte numérisé non relu

LA LIVRE

La qaarte.

11 à 12 sols.

31 à 32 sols.

|r« qualité.

2 quarts 1 fort.

3 quarts 1 fort.

1 sol 1 fort.

5 quarts.

7 quarts.

7 quarts 1 fort.

3« qnalité.

2 quarts.

3 quarts.

1 sol.

1 sol 1 fort.

6 quarts 1 fort.

7 quarts.

On ne suppose pas que les prix puissent s'élever plus haut. En faisant le sol de 0 fr. 333, le quart de 0 fr. 083, le fort de 0 fr. 042, le lecteur pourra voir à combien ces prix reviendraient en valeur actuelle.

Inutile de dire que tout le monde poussa les hauts cris. Les boulangers juraient qu'ils étaient ruinés ; le peuple se désolait, affirmant que les syndics voulaient le faire mourir de faim. En quoi les uns et les autres s'accordaient, c'était à prétendre qu'il y avait des accapareurs qui entassaient le blé dans leurs greniers ou l'expédiaient secrètement au dehors. On désignait les maisons; on indiquait la nuit et l'heure où des chariots chargés de blé étaient sortis de la ville.

Le 8 juin, le corrier enjoint aux syndics de mettre des gardes sur les ponts d'Hermillon et de Villard-Glément, t affin que ne soyt distraict ny transmarché le bled hors le présent pays, soubs grande peyne. »

Le 4 octobre, il ordonne de poursuivre les boulangers qui continuent de vendre du pain sans le peser; le pain doit peser au moins deux livres. De plus, comme l'on craint que la peste ne se joigne à la famine, il défend, sous les peines les plus sévères, de garder des porcs dans l'intérieur de la ville, et prescrit d'amener de l'eau dans toutes les rues, de laver les tuyaux de conduite des lavoirs des maisons, et d'enlever immédiatement toute immondice des rues et des cours.

Le 13 novembre, le syndic de la noblesse, un des syndics du tiers-état et plusieurs conseillers

font des perquisitions dans plusieurs maisons accusées de contenir des amas de blé. On trouve quelque part un grenier dans lequel un homme de Jarrier en a mis secrètement une certaine quantité, et on y appose les scellés. On dresse un inventaire du blé que chaque particulier possède, et, après avoir pris l'avis de Févéque, on sollicite du duc de Savoie la défense de sortir du blé ou d'autres denrées appartenant à l'évôché, « ayant esgard aux nécessités desquelles nous somme» menacés, i

Pour l'intelligence de cette dernière mesure, il faut savoir que l'évéque était tenu d'envoyer chaque année, sur le produit de ses dln.es et redevances en grains, une certaine quantité de blé aux pauvres de plusieurs communes.

Dans une délibération du 28 février 1588, où le conseil prie M^ de Lambert de faire l'aumône du carême au temps accoutumé, il est dit qu'en la renvoyant au mois de mai, il est à craindre que les pauvres, étrangers à la ville, n'aient plus rien à apporter pour leur nourriture et qu'ils ne se jettent dans les vignes pour manger les jeunes pousses, comme ils l'ont fait l'année précédente.

La disette était donc aussi grande dans les autres communes de la Maurienne qu'au chef-lieu.

Dans le chapitre que nous consacrerons à ce grand évêque, nous verrons quels projets il avait formés, pour donner un meilleur emploi à l'aumône du carême et couper cours définitivement aux désordres dont se plaignait le Conseil général, et comment ces projets échouèrent devant l'opposition de ce même Conseil général et l'attachement

exagéré de la population à tous les anciens usages, qu*elle considérait comme faisant partie de ses droits. Attachement qui lui fut maintes fois funeste, sans doute, à cause de cette exagération; mais dont nous n'avons pas le droit de nous moquer trop, car le sable mouvant sur lequel nous vivons offre bien aussi des inconvénients. Le Conseil général de Saint-Jean avait, en 1563, remporté une victoire sur un meilleur terrain. Des règlements, faits d'un commun accord par l'autorité ducale et par l'autorité française, avaient établi à Su se un droit de péage ou de dace (1) sur les marchandises qui allaient d'Italie à Lyon, ou de Lyon en Italie, et auxquelles il était interdit de prendre une autre route que celle du Pont-Beauvoisin et de la Maurienne. Les fermiers du péage voulurent frapper de ce droit les marchandises transportées pour la foire de la Saint- Jean, accostumée tenir en nostre ville. Mais François Passetto, receveur de l'évêché, et Urbain Boson, l'un des syndics, furent envoyés à Ghambéry et obtinrent du conseil d'Etat la suppression de cet impôt, qui précédait de trop loin le traité du 24 mars 1860.

(1) De ritalien dazio.

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