XX INTRODUCTION
sédition de 177, et vers ce même temps à Rome, où il apportait une lettre des confesseurs Lyonnais au pape Éleuthère. Il put, durant ce séjour dans la Ville Sainte, confronter aux traditions romaines celles qu'il avait recueillies dans son pays natal. Évidemment, il ne releva entre elles aucune divergence, car c'est à son retour qu'il composa le livre « Contre les hérésies » où il attribue, sans hésitation, le quatrième Évangile à Jean, fils de Zébédée, l'apôtre qui avait reposé sur la poitrine du Seigneur.
Il n'ignorait pourtant pas qu'en ce moment même, on s'avisait, pour la première fois, au fond de l'Asie, d'attaquer l'authenticité du divin livre; mais à bon droit, il estimait cette opinion sans valeur. Ceux qui la proposaient étaient d'obscurs Phrygiens, vaguement désignés sous le nom d'Aloges, qu'effrayait le succès des prédications millénaristes dans leur pays. C'était l'époque où l'hérésiarque Montan et ses prophétesses annonçaient prochaine la venue du Paraclet qui allait changer l'œuvre de Jésus, et inaugurer le règne de mille ans prédit par l'Apocalypse, règne de gloire et de félicité sans pareille pour les élus. A entendre ces illuminés appuyer leurs chimères sur la Révéla-