‹ Saint Jean et la fin de l'age apostoliqueChapitre 14 sur 76 · INTRODUCTION XX III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XX III

réfuter ces inventions. Un autre docteur de la même école, le prêtre Caius, semble avoir eu même fermeté à défendre l'authenticité de l'Évangile de Jean1, et son témoignage est d'autant plus notable qu'il entrait dans les idées des Aloges sur l'Apocalypse, et jugeant l'œuvre peu digne de l'Apôtre, l'attribuait à son adversaire Cérinthe.

Même remarque est à faire, dans les temps qui suivirent, sur Denys d'Alexandrie, et Eusèbe de Césarée2. Eux aussi doutaient que l'Apocalypse vint du fils de Zébédée; mais, pour l'Évangile,

1 Camerlinck, De quartl Evangelii auctore, p. 80-85.

2 S. Denys d'Alexandrie et l'historien Eusèbe refusant de voir, dans le fils de Zébédée, l'auteur de l'Apocalypse, ne savaient à quel Jean l'attribuer. Or, un disciple portant ce même nom, parait deux fois dans une énuméralion d'hommes apostoliques faite par Papias (Eusèbe, Hist. eccles., III, xxxrx). Eusèbe suggère l'idée de voir les deux personnages distincts ; l'apôtre Jean, auteur de l'Évangile, et un simple ancien d'Éphèse, « le prêtre Jean», auquel seraient dues les visions de Patmos. L'exégèse rationaliste, en quête d'arguments pour esquiver le témoignage unanime de la tradition, prétend faire de cette hypothèse la solution de tout le problème johannique. La supposition hasardée par l'évêque de Césarée devient à ses yeux d'une telle vraisemblance, qu'elle la tient incontestable. Il est étrange de donner une telle auîorité à une supposition timidement proposée par Eusèbe. Aussi nombre de critiques refusent-ils d'admettre la réalité de ce « prêtre Jean », dont personne, jusqu'au iv° siècle, n'avait soupçonné l'existence. On trouvera leurs raisons, à notre gré décisives, dans Camerlinck, De quarti Evangelii auctore, p. 52-125.

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