XXIV INTRODUCTION
nulle trace en leurs écrits de pareille hésitation ; de commune voix avec leurs contemporains, ils l'attribuent « au disciple que Jésus aimait, à Jean, l'Apôtre etl'Évangéliste1 ». Seuls donc, dans les premiers siècles, les Aloges se sont élevés à rencontre de l'opinion de toutes les Églises. Or on a pu voir par les détails que nous venons de donner sur le petit groupe des opposants, quelle créance ils méritent. Dédaignés et contredits dès l'origine, ils demeurèrent en tel mépris que S. Épiphane, ne leur trouvant ni chef ni nom, inventa pour les désigner le sobriquet « d'Aloges », qui les dépeignait, à la fois, comme rejetant le « Logos » de S. Jean, et par là comme des « gens sans raison2 ».
Les critiques décidés à nier, pour des motifs intrinsèques, l'authenticité du quatrième Évangile, sentent le besoin de renforcer ce piètre témoignage. Ils s'y ingénient de toute façon. Les uns forgent, à ce dessein, des Aloges romains, qui n'ont jamais existé3; d'autres prétendent décou-
1 S. Denys, cité par Eusèbc (Hist. eccles., VII, xxv. Ibid., III, xxm).
2 S. Épiphane, Hxr., LI, m.
3 Voir Rose, La Question johannique. — Les Aloges asiates