‹ Saint Jean et la fin de l'age apostoliqueChapitre 17 sur 76 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

n'eût été qu'un esprit faible, crédule, dénué de tout sens critique, capable de brouiller ses souvenirs d'enfance, et de les convertir en faussetés dès que l'opinion qu'il soutient est intéressée à ce travestissement '. Pousser à ce point le dénigrement, c'est révéler la faiblesse de sa cause : c'est en outre méconnaître injustement le rôle considérable de S. Irénée au second siècle : la maîtrise, la science profonde de l'Écriture et de la Tradition, avec laquelle il a pris part aux discussions doctrinales de son temps ; c'est effacer l'autorité dont il a joui près de ses contemporains ; autorité si hautement reconnue, non seulement en Gaule, mais à Rome et en Orient, qu'il put intervenir comme arbitre enire le pape Victor et Polycarpe d'Éphèse.

Que cet illustre Père ait parfois manqué de cri-

1 Ce parti pris est très sensible chez M. Renan, et étonne comme une faute de mesure dans un esprit si avisé : d'autres, moins délicats, l'outrent jusqu'à passer toute convenance. Que dire de ce jugement exprimé dans un des plus récents ouvrages de l'exégèse protestante : Irénée « gobe, avec béatitude, les traditions les plus stupides ». Lt ailleurs : o II n'y a donc aucune raison de contester a priori la véracité du témoignage d'Irénée. Mais il est permis de se demander s'il ne s'est pas illusionné sur la nature de ses souvenirs d'enfance, en les ruminant à seule fin de confondre ses adversaires. » Jean Réville, Le Quatrième Évangile, p. 10.

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