‹ Saint Jean et la fin de l'age apostoliqueChapitre 18 sur 76 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

tique et inséré dans son œuvre des récits légendaires1, nul ne le conteste; mais on nous permettra de faire observer que c'est là une faiblesse commune aux historiens de l'antiquité. Les plus graves d'entre eux, Tite-Live, Tacite, Pline, n'en sont pas exempts. On n'en conclut pas, pour ces auteurs, qu'en ce qui touche l'essentiel des faits, ils ne méritent aucune créance. Ainsi convient -il de juger le témoignage rendu par S. Irénée à l'authenticité du quatrième Évangile. Assurément, c'était, à ses yeux, une question capitale, car il recourt fréquemment à ce livre sacré2, et il lui importait de connaître si ce texte n'était qu'un écho de la tradition apostolique, ou la parole même de l'un des Douze. Or, nul mieux que lui, nous ne saurions trop le répéter, n'était à même de le savoir. Instruits par les disciples immédiats de S. Jean, c'est d'eux qu'il tenait l'Évangile

1 L'un des principaux reproches adressés à S. Irénée est d'avoir prétendu que le Christ vécut plus de trente-trois ans, près de cinquante ans. Il appuyait en partie cette idée sur la réponse des Juifs à Jésus qui se prétend aussi ancien qu'Abraham : « Tu n'as pas encore cinquante ans et tu as vu Abraham » (Joan., vm, 57). Cf. L'Évangile selon S. Jean, par le P. Calmes, p. 15 et suiv.

2 Cf. A. Resch, Aussercanonische Paralleltexte zu den Evangelien, viertes. Helft., passim.

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