XXVIII INTRODUCTION
comme œuvre propre de l'Apôlre, et ces Asiates connaissaient apparemment aussi bien que nos modernes, quelle était l'origine du livre sacré.
Quant aux notes intrinsèques d'authenticité, c'est-à-dire celles qui découlent de l'examen même du texte, nous y insisterons peu, parce que nous tenons suffisantes les preuves qui viennent d'être énoncées. Il est intéressant néanmoins de remarquer que, par un sentiment de délicate modestie, qui n'étonne pas dans une âme si élevée, S. Jean se désigne plusieurs fois, sans jamais se découvrir, au cours de son ouvrage : en premier lieu, lors de la vocation des Apôtres, quand il est question de l'appel adressé par Jésus à deux disciples, « dont l'un était André, frère de Simon1 », de savantes inductions, d'ailleurs vraisemblables, amènent à croire que c'est ici la première apparition du fils de Zébédée, dans le récit de ses rapports avec Jésus2. Il est certain que Jean couvre toujours d'un voile les circonstances de cette divine intimité, comme s'il craignait de la profaner en la révélant : « l'autre disciple, le disciple que Jésus
1 Joan., i, 35, 43.
'l Ce raisonnement est très bien déduit parle P. Calmes, LÉvangile selon S. Jean, 1904, p. 29 et suiv.