XXX INTRODUCTION
l'identité. Rien de plus facile que d'expliquer, par la modestie, un mystère si soigneusement gardé. En tout cas, rien ne ressemble moins au procédé des auteurs apocryphes qui s'empressent de mettre en avant le personnage dont ils usurpent le nom et le rôle1.
A tous ces indices, nous pouvons joindre une conclusion dont, sans doute, personne ne contestera l'importance, puisqu'elle émane de l'homme qui a contribué plus que tous à ébranler, en France, l'autorité des Évangiles2 : « Mais c'est « surtout la lecture de l'ouvrage qui est de nature « à faire impression. L'auteur y parle toujours « comme témoin oculaire; il veut se faire passer
1 Les ouvrages supposés trahissent généralement leurs origines d'une manière bien plus directe, et s'appliquent surtout à accentuer les noms qui doivent leur servir de passeport. Ici, nous ne voyons rien de pareil. L'auteur, en supposant qu'il ait voulu tromper ses lecteurs, aurait sans doute éprouvé le besoin de se poser comme apôtre d'une manière directe. Mais il y songe si peu qu'il n'ajoute môme pas, au nom du seul Jean qu'il y introduit nominativement, l'épilhète de « Baptiste », qui lui est donnée partout ailleurs. On serait donc plutôt autorisé à dire qu'il tenait à faire oublier qu'il y en avait encore un autre qui a pu jouer un rôle dans cette histoire. Rcuss, Théol. johannique, p. 100. — L'Évangile apocryphe de Pierre oflïe des exemples fréquents du procédé des faussaires : « Et moi, Simon Pierre, et André mon frère, ayant pris nos Blets », etc., p. 59, 60.
2 Renan, Origines du Christianisme, t. I, Introduction.