INTRODUCTION XXXI
« pour l'apôtre Jean. Si donc cet ouvrage n'est « pas réellement de l'apôtre, il faut admettre une « supercherie que l'auteur s'avouait à lui-même. « Or, quoique les idées du temps, en fait de bonne « foi littéraire, différassent des nôtres, on n'a pas « d'exemple, dans le monde apostolique, d'un « faux de ce genre. » Et, après une étude de détails : « De là le désordre de la rédaction, l'irré- « gularité de la marche..., autant de traits inex- « plicables dans la supposition où notre Évangile « ne serait qu'une thèse de théologie, sans valeur « historique, et qui, au contraire, se compren- « nent parfaitement si l'on y voit, conformément « à la tradition, des souvenirs de vieillard1. »
1 S'il était nécessaire d'ajouter quelque chose à celte citation décisive, nous y joindrions un témoignage singulièrement important : celui de M. Harnack (Chronologie, t. I, p. 675), qui reconnaît que l'auteur du quatrième Évangile et celui de l'Apocalypse ne font qu'un. Or, l'auteur de l'Apocalypse donne son nom, qui est celui de Jean; il habite l'Asie Mineure et il occupe une situation considérable dans la hiérarchie, puisqu'il adresse aux a Sept Églises » un avertissement rigoureux. Un tel rôle ne saurait convenir qu'à un homme revêtu d'une autorité incontestée, comme celle que le souvenir de Jésus prétait au dernier survivant des Apôtres.
Nous ne croyons pas utile de joindre à cette dissertation, de nature assez abstraite, une discussion spéciale sur les trois passages du quatrième Évangile, dont l'authenticité est particulière-