INTRODUCTION XXXV
d'allusions ou de citations par S. Polycarpe, S. Ignace d'Antioche, S. Irénée, ïertullien, le Canon de Muratori1, il faut aller jusqu'à S. Denys d'Alexandrie pour trouver un témoignage bien positif en faveur de l'authenticité2. S. Jérôme, tout enl'admettant personnellement, rapporte que cette opinion est combattue3. Il n'est pas jusqu'au pape S. Damase, dans son canon biblique reproduit par S. Gélase, qui ne se soit fait l'écho des bruits imputant à un autre qu'à S. Jean la composition des deux dernières Épitres4. Eusèbe de Césarée les met au nombre des textes contestés5. Mais au quatrième siècle, le concile d'Hippone, S. Augustin et la lettre du pape Innocent Ier à l'évèque de Toulouse ne permettent pas de douter que la croyance de l'Église ne fût dès lors fixée à cet égard, dans le sens qu'elle a toujours professé depuis6. Ces deux écrits ne représentant que de
1 S. Polycarpe, Philipp., vu, 3; dans Funk, Opéra Pair. Apost., t. I, p. 271. —S. Ignace, Smyrn., iv, 1; Ibid., p. 236. — Terlullien, De Pudic, 19, t. II, col. 1020; Canon de Mxirat., t. II, col. 170.
- Dans Eusèbe, Hist. eccles,, vu, 25.
3 S. Jérôme, Epist., l, 111, n° 8.
1 Dêmonst. évangél., m, 5, t. XXII, col. 216.
5 Eusèbe, Hist. eccles., ni, 25.
« S. Augustin, De Docirina Christi, n, 8, t. XXXIV, col. 41 •
XXXYl INTRODUCTION
courtes lettres adressées à des particuliers, il n'y a pas lieu de s'étonner outre mesure si les anciens Pères ne leur ont pas attribué la même importance qu'aux documents plus considérables.
L'Apocalypse, au contraire, tient une si large place dans les œuvres de l'apôtre S. Jean, et représente un corps de doctrines d'une si haute portée, que nous en trouvons des vestiges dès les premiers âges qui ont suivi son apparition. Il y a peu d'écrits dont l'authenticité ait été plus anciennement reconnue, d'après l'aveu même de ceux qui la contestent1. S. Polycarpe, disciple de S. Jean, y fait allusion en usant d'expressions qui ne se rencontrent que là2. Au rapport d'André de Césarée, S. Papias, autre disciple de Jean, S. Méthode, S. Hippolyte, en attestaient l'autorité. Origène,
1 a Si nous nous en tenons aux témoignages les plus anciens qui, seuls, ont une valeur indépendante, aucun des écrits johanniques n'est mieux certifié que l'Apocalypse. » Jean Réville, Le Quatrième Évangile, p. 37. — Cf. F.-Chr. baur, Kritische Untersuchungen iiber die kanonische Evangelien, p. 345.
I Philipp., inscript., t. V, col. 1003.