INTRODUCTION XXXIX
le Millénarisme disparut. S. Denys n'avait pu d'ailleurs se prévaloir d'aucun témoignage traditionnel, tant ses doutes allaient à l'encontre du sentiment commun : il s'était borné à ce que nous appelons la « critique interne », et ce sont ses remarques, d'ailleurs très respectueuses, qui ont servi de base aux arguments produits aujourd'hui par les rationalistes.
Ceux-ci s'appliquent à relever, non sans exagérations, les prétendues divergences entre l'Apocalypse et le quatrième Évangile; les uns acceptant, les autres niant l'authenticité de ce dernier écrit : leur conclusion commune est que les deux documents ne peuvent avoir le même auteur. Aucun, d'ailleurs, ne fait entrer en ligne de compte l'inspiration, laquelle étant diverse, suivant les conditions et les fins, devrait, en quelque manière, justifier des différences qui peuvent aussi s'interpréter naturellement. Nous n'examinerons que les principales, qui visent le langage et les idées.
Il serait puéril de nier que la forme littéraire de l'Apocalypse et celle de l'Évangile ne se ressemblent nullement. L'une est une révélation prophétique ; l'autre, un récit doctrinal. Niera-t-on qu'un même esprit soit capable de composer dans