XL INTRODUCTION
des genres divers, étant donné surtout que les circonstances de milieu, de temps, d'âge, ont varié? Nous venons de dire que l'Apocalypse représente une prophétie poétique; qu'y a-t-il d'étonnant, si elle s'inspire du langage et reproduit les visions des anciens Voyants, objets de la vénération d'Israël, dont la mémoire de Jean était nourrie? On peut dire que l'œuvre tout entière est tissue des images de Daniel et d'Ézéchiel. Dès lors, elle doit reproduire, jusqu'à un certain point, les tours de phrases, sinon les locutions qui forment le propre génie de la langue hébraïque. Il s'y trouve cependant mainte expression particulière à l'auteur et qu'on ne rencontre nulle part, sauf dans l'Évangile qui lui est attribué1. En étudiant la composition de ce dernier écrit, nous nous rendrons compte des motifs qui ont influé autrement sur son style. Jean, vivant depuis de longues années à Éphèse, parmi des Grecs alexandrins, habitué à leur langage, à leurs conceptions abstraites, en a revêtu sa pensée, d'abord par accoutumance, puis intentionnellement à dessein
1 On en trouvera le délai! dans le Dictionnaire de la Bible, article : Apocalypse, p. 74G.