INTRODUCTION XLI
de mieux saisir ceux qu'il voulait convaincre. Quant aux idées, avant de scruter celles de l'Apocalypse, il importe de ne jamais oublier la parole de S. Jérôme : « Ce livre renferme autant de mystères que de mots. » Dans la mesure où il est permis d'en dégager le sens exact, nous n'apercevons aucune antinomie entre l'enthousiasme prophétique de la Vision de Patmos et la Christologie de l'Évangile d'Éphèse. Ce sont des vues différentes, ou plutôt un même objet contemplé sous des faces diverses, nullement des doctrines contraires. L'Évangile a pour but de raconter l'histoire du Verbe incarné, habitant parmi les hommes, dans les conditions d'humilité et d'abjection qu'il a revêtues, afin de nous enseigner, par son exemple, à porter patiemment les tribulations de l'existence mortelle. Il y est surtout question de l'anéantissement où Jésus s'est réduit pour nous, mais qui n'altère en rien son union au Père invisible. L'esprit qui y règne est un esprit de mansuétude, comme il sied au Rédempteur du monde, au Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis1. Jésus s'y déclare obligé de tenir aux hommes le
1 Joan., x, 2-14.