XLII INTRODUCTION
langage terrestre, sachant que s'il parlait celui du Ciel, il ne serait point compris1. A travers cette constante douceur perce, toutefois, la menace contre ceux qui s'entêtent à ne pas croire : la colère de Dieu demeure sur eux et saura les atteindre2.
Ce « langage du Ciel », si difficile à saisir, et dont Jésus ne voulait pas user, n'est-ce pas précisément celuide l'Apocalypse, que Jean rapporte, après l'avoir entendu dans les mystérieux colloques de Patmos? Loin qu'il s'oppose aux enseignements de Jésus, il les achève, au contraire, en nous montrant le couronnement de l'œuvre rédemptrice, dans le triomphe définitif de son auteur. L'Évangile raconte le premier avènement du Christ, humble comme l' humanité dont il se couvre; l'Apocalypse nous décrit le second, glorieux comme la Divinité, qui est sa propre nature. Le diadème perforant d'épines, qui ensanglantait le front de l'Agneau divin, s'est changé en nimbe d'étoiles éclatantes; au lieu des- outrages de la foule et des coups de la soldatesque, il reçoit les
1 Joan., m, 12.
- ïbid., 3G.