‹ Saint Jean et la fin de l'age apostoliqueChapitre 48 sur 76 · LUTTE DU VERBE ET DE LA BÊTE · texte numérisé non relu

LUTTE DU VERBE ET DE LA BÊTE

Apoc, Xix, 11-21.

L'Apocalypse n'est pas seulement, comme nous venons de l'entendre, le témoignage de Jésus sur les destinées de l'Église et du monde; elle est la révélation de ce divin Sauveur dans ce qu'il y a en lui de plus sublime : sa toute-puissance comme Créateur et Rédempteur, sa royauté, son pouvoir judiciaire, son

1 Apoc, xix, 1-8.

* lbid., 9-10.

l'apocalypse (suite) 1G9

sacerdoce, sa divinité surtout. Déjà l'être divin qu'il possède en commun avec le Père et l'Esprit Saint, s'est manifesté dans les titres que lui donnent les quatre premières visions'; dans la cinquième, le Christ est appelé, pour la première fois, de son vrai nom : « le Verbe de Dieu2 », Verbe qui était en Dieu dès l'origine, Dieu comme le Père qui l'engendre. Ce Verbe, toutefois, n'est pas celui des splendeurs éternelles, reposant dans le sein fécond dont il procède, sans jamais s'en détacher; c'est le Verbe incarné pour nous sauver, pour lutter avec nous contre l'enfer et le monde.

11 apparaît ici à Jean sous des traits que les précédentes révélations nous ont rendus familiers, comme « le Fidèle et le Véritable, qui juge et combat justement3 ». Ce n'était là toutefois qu'une vague appellation, que la vision présente a pour objet d'éclaircir et de préciser. Sur le front du mystérieux personnage, au milieu des diadèmes qui le couronnent, est écrit son vrai nom : « Verbe de Dieu », nom incommunicable, ineffable, comme l'était pour les Juifs celui de Jéhovah; nom que seul celui qui le

1 « Le prince des rois de la terre », « le premier et le dernier » en toutes choses, « le principe des œuvres de Dieu » « vivant dans les siècles des siècles », « qui tient en main les clés de la mort et de l'enfer », « le Saint et le Véritable ». Apoc, i, 5, 17 ; III, 14; I, 18; ni, 7.

2 '0 )6yoç toù 0£oû. Apoc, XIX, 13.

s Apoc, m, 7, 14.

porte connaît véritablement, car il désigne en Jésus l'être divin; or « Dieu, personne ne l'a jamais vu; seul le Fils unique qui est dans le sein du Père le fait connaître 1 ».

Dès que Dieu se découvre agissant, combattant personnellement dans le Christ, la défaite de l'enfer est assurée. Tout l'annonce dès le début de la vision : le cheval blanc, symbole de triomphe sur lequel apparaît « Celui qui juge et combat justement »; la flamme de feu qui brille dans ses yeux; l'épée à deux tranchants qui sort de sa bouche; sa robe teinte de sang; la menaçante devise qu'il porte sur son vêtement et sur sa cuisse : « Roi des rois et seigneur des seigneurs ». L'issue de la lutte est si peu douteuse qu'un ange, debout dans le soleil, crie à tous les oiseaux, qui volent par le milieu du ciel, d'accourir au grand souper de Dieu : « Venez.... manger la chair des rois, la chair des officiers de guerre, la chair des forts, la chair des chevaux et des cavaliers, la chair des hommes libres et des esclaves, des grands et des petits2. »

« Et je vis, dit l'Apôtre, la bête et les rois de la terre et leurs armées, assemblés pour faire la guerre à celui qui était monté sur le cheval et à son armée. Mais la bête fut prise, et avec elle, le faux prophète qui avait fait, en sa présence, les prodiges par les-

1 Joan., i, 18.

8 Apoc, xix, 14-18.

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quels il avait séduit ceux qui avaient reçu le caractère de la bête et adoré son image ; tous deux furent jetés vifs dans l'étang brûlant de feu et de soufre. Les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche du cavalier et tous les oiseaux se soûlèrent de leurs chairs1. »

VIe VISION

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