‹ Saint Jean et la fin de l'age apostoliqueChapitre 5 sur 76 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

devant cette tête sacrée, en se fondant sur une parole de Jésus pour prétendre que le disciple bienaimé attendrait ici-bas jusqu'au retour du Maitre. Le saint vieillard s'en défendait avec une candeur charmante : Le Seigneur n'a pas dit cela ; ce qu'il a dit n'a pas ce sens1. Il avait grande crainte qu'on ne s'y trompât; mais qui pouvait douter de sa parole, puisque, seul, il restait entre « ceux qui virent Jésus »?

Cette divine mémoire faisait une auréole à ses cheveux blancs, et investissait sa personne, non seulement de la vénération universelle, mais d'une autorité incontestée dans l'Église. Ainsi qu'auparavant ceux des grands Apôtres Pierre et Paul, son nom nous a donc paru propre à représenter le temps où il acheva de vivre, et sur lequel il exerça, par son action comme par ses écrits, une si profonde influence. Nous ne verrons de la vie de S. Jean que ce qui intéresse son œuvre, ou plutôt, c'est dans son œuvre que nous l'étudierons lui-même, car il s'y peint tout entier : aussi ardent que tendre, capable de dominer, comme i'aigle, sur les plus hautes cimes et d'y contem-

1 Joau ., xxi, 23.

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