XIV INTRODUCTION
impénétrable à notre chétif esprit, des enquêtes si téméraires, pour ne pas dire de tels attentats sur la divine personnalité du Christ, offenseraient sûrement la piété de nos lecteurs. Il n'en est pas ainsi des preuves qui vont à établir l'authenlicité des documents apostoliques. Nous les étudierons, en commençant par celles qui concernent le quatrième Évangile ; puis viendront les trois épitres « catholiques » de S. Jean; enfin, nous revendiquerons les titres de son Apocalypse à la même autorité.
L'Apôtre écrivit son Évangile à la fin du premier siècle, peut-être même au début du second. Quelques années plus tard, vers l'an 107, S. Ignace d'Antioche semble le connaître et y faire des emprunts1. En tout cas, il n'est pas douteux que,
1 Tel est le sentiment de Zahn [Geschichte des neutestamentlichea Kaaons), n, p. 903, etc., et de Rcsrh {Aussercanonische Paralleltexte zu Johannes), p. 11-12. Toutefois, un des plus savants commentateurs de S. Ignace, Von der Gollz, se refuse à voir de vrais emprunts dans les citations alléguées ([gnatius von Antiochicn als Christ und Theologe, Texte und Untersucliungen, xir, 3, 1891, p. 118-144, 197-206). Harnack (Chronologie der altcliiistlichen Litleratur, i, p. 674, note 1) est du même avis.