INTRODUCTION XV
vers le même temps, les « Anciens » d'Éphèse qui instruisirent S. Irénée, ayant en main l'œuvre de l'Apôtre, l'aient mise sous les yeux de leur disciple1. Deux de leurs contemporains : Polycarpe, de Smyrne, et Papias, d'Hiérapolis, ont fait usage de sa première Épitre'2. Dès lors, il parait de toute vraisemblance que le quatrième Évangile , si étroitement lié avec cette lettre, leur était connu. D'autre part, Basilicîe, gnostique qui enseignait vers l'an 120 à Alexandrie, se référait, lui aussi, dans ses commentaires sur l'Évangile, à l'œuvre de S. Jean3. Rien, à la vérité, dans ces lointains témoignages, ne fixe le nom de l'auteur. Il importe cependant de ne pas les négliger, car ils attestent l'existence du dernier Évangile dans le premier quart du siècle qui suivit son apparition, et le montrent en telle estime que sa diffusion esf rapide en Asie, sur les côtes de Syrie et jusqu'en Egypte.
A partir de cette époque, et dans le cours du
1 S. Irénée, Adv. Hxr., n, 22, 5; v, 36, 2.
2 S. Polycarpe, Ad Philipp., 7. Nous savons par Eusébe (Hist. eccles., III, xxxix) que Papias lisait la première Épitre de S. Jean, et en faisait usage.
3 Philosophoumena, vu, 22, 27.