‹ Saint Jean le Baptiste [microforme]Chapitre 11 sur 14 · LE BAPTISTE EN PRISON · texte numérisé non relu

LE BAPTISTE EN PRISON

Hérode Antipas était alors tétrarque de la Galilée, et son mariage avec la fille du roi Arcta, ne l’empèchait pas ue tenir une conduite très répréhensible que tout le monde‘ connaissait. En ce temps-là, Hérode se dirigea vers Rome dans le but ambitieux de se faire reconnaitre roi de l'Empire romain . Il y rencoatra son frère Philippe I qui se trouvait aussi dans la capitale avec son épouse Hérodiade fille d’Âristobule - femme remplie d'orgueil et de convoitises -et leur fille Salomée. '

Or Hérodiade, kumiliée-de Ja position inférieure de son mari, enviait un titre de plus haute noblessé, peut-être même celui de reine. Cette ambition désordonnée la poussa au crime abominable de quitter son mari Pour suivre avec sa fille, Hérode son beau-frère.

Mais cela ne lui suffisa't pas encore. Donnant un libre.cours à sa passion, l’orgueilleuse femme exigea qu'à son retour en Galilée, Hérode chassât l'épouse légitime ce sa cour et de son royaume, afin de pouvoir librement commander à sa place. Ce fait devint l’origine d’une grande guerre entre le roi d'Arabie et Hérode. Il suscita en outre au milieu des Juifs, un énorme scandale.

Jean ne pouvait pas ignorer la chose, et ne pou vait pas fon plus cesser sa prédication de péni-

tence. Et voilà qu'il se présente comme les anciens prophètes devant le roi.

Hérode estimait le Baptiste dont il avait beaucoup entendu parler; il le craignait dans son coeur parce que tout le peuple était pour lui. Aussi, combien terribles éclatèrent les paroles de Jean, qui retenu par aucune crainte humaine lui disait avec franchise: “I] ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère.” (S.Marc,VI.1S) Les saintes lois du mariage sont inviolable: 2t tu ne peux trahir la foi, la justice et l'amour qui te lient à ton épouse. Puis avec les accents d'une persuasive sévérité, le Précurseur lui “eproche tous les maux dont sa conduite est la cause. ;

On comprend dès lors la fureur de la coupable Hérodiade. Elle craignait de voir se dissiper mi- Sérablement les rèves de son ambition si les sévères paroles du Baptiste touchaient l'âme et le coeur d’'Hérode. Elle eut l’infernale pensée de Supprimer ce vengéur du droit et de la justice.

Cependant, la voix de Jean excitait plus que jamais le peuple, et le roi dissolu commença à en éprouver de fortes inquiétudes.

Les créatures du Sanhédrin commencèrent à calomnier Jean afin de le perdre dans l'estime d'Hérode. Il fut donc dénoncé comme un ennemi de la cour et des intérêts politiques du royaume comme aussi le secret fauteur de la guerre entre les Arabes, le roi Areta, et le tétrarque lui-même.

Et tel fut l’art de ces détestables intrigues autour du malheureux Hérode, qu'à la fin, il condamna Jean à être chargé de chaînes et enfermé dans les prisons de Machéronte, forteresse de premier ordre que sa position exceptionnelle défeudait contre les invasions des Arabes.

La haine d'Hérodiade n’était pourtant pas si facile à satisfaire. L’odieuse femme voulait à tout prix faire disparaître le Prophète. Mais Hérode reculait encore devant une sentence de mort, car au fond, il admirait toujours autant qu'il craignait

celui dont la voix courageuse lui avait prêché le devoir. Pour ne pas accroître. le mécontentement du peuple qui murmurait de l'incarcération de son Baptiste, il sut adoucir le séjour du cachot en permettant au sympathique prisonnier d'y recevoir ses disciples en toute liberté et de s’entretenir avec eux.

Dans cetie sombre prison, les pensées de Jean se tournaient vers le. passé et vers la grande missio” qu’il avait reçue de Dieu. Maintenant sa tàche est accomplie, et il n’attend plus pour la couronner que le sacrifice de sa vie.

La pensée qué plusieurs ne voulaient pas croire au Fils de Dieu fait homme et refusaient de le reconnaître pour le Messie attendu, attristait le Baptiste. Mais il fut bien consolé lorsqu'il sut par ‘ses disciples que Jésus opérait des prodiges inouis et que les foules nombreuses le suivaient afin d'entendre ses enseignements. Jean savait bien ce que les prophêtes avaient dit du Sauveur futur, et commMent, avec sa parole et sa vertu divines, il deait guérir les infirmes rendre la vue aux aveugles, délivrer les possédés, faire marcher les estropiés, ressusciter les morts et convertir les coeurs au repentir. (C'étaient les grands signes prophétiques qui manifestaient en Jésus le Rédempteur du monde. :

Les disciples de Jean toujours trop enthousiastes de leur maitre, demeuraient encore irrésolus. Il voulut leur faire pour ainsi dire toucher du doigt la vérité de ce qu’il leur enseignait, et la réalisation des prophétics en Jésus-Christ.

Page 1