‹ Saint Jean le Baptiste [microforme]Chapitre 8 sur 14 · LA DEPUTATION DU SANHEDRIN · texte numérisé non relu

LA DEPUTATION DU SANHEDRIN

La rude et impétueuse éloquence du Baptiste, la sainte liberté avec laquelle il s'était permis de reprendre même les chefs détest s du peuple, rendaient sa. personne toujours plus symphatique. L'enthousiasme qui croissait sans cesse commençait à inquiéter l'autorité religieuse. De plus, quel-

ques-uns des scribes et des lettrés suivaient ostensiblement la doctrine du Prophète. Et la préoc-

cupation se faisait d'autant plus intense que peu à peu on en était venu à croire que Jean était vraiment le Messie.

Le Sanhédrin de Jérusalem se réunit donc pour discuter à ce sujet, et finalement décida d'envoyer au Baptiste une solennelle ambassade, afin de l’interroger et d'entendre de sa bouche ce qu'il disait de lui-même.

Les envoyés se présentèrent donc à Jean sur les rives du Jourdain, près de Béthanie, et au nom du Sanhédrin lui demandèient: Qui ‘tes-vous? Comme s'ils eussent voulu dire: De quelle autorité faites-vous ces choses?

Le Baptiste comprit immédiatement ce qu'ils voulaient. Afin de combattre tous les préjugés qu’on aurait pu concevoir sur sa personne et sur ministère, et ne pas laisser croire qu'il était le Messie, Jean répondit franchement et d’une voix forte: Non! je ne suis pas le Christ. Et qui donc? dirent les embassadeurs. Etes-vous Elie? Non, répondit Jean. Etes-vous le prophète promis?

Non. Qui donc êtes-vous? Et ils insistdient toujours plus, disant: Quelle réponse pouvons-nous donner à ceux qui nous ont envoyés? Enfin, que dites-vous de vous-même? “Je suis, — répondit Jean ,— ia voix de celui qui crie dans le désert; applanissez le chemin du Seig::eur.” (S.Jean,I.23) Mais les envoyés méprisant les paroles par lesquelles le Baptiste avait déclaré sa mission de Précurseur, s’obstinèrent disant: “Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Elie, ni le prophête?®” Jean leur répondit: “Moi je baptise dans l’eau; mais au milieu de vous, il y a quelqu’un qué vous ne connaissez pas, c’est celui qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure.” (S.Jean,l.25-28) En entendant ces choses, les embassadeurs, se retirèrent.

Bien que l'Evangéliste ne le dise pas, li semble que le Sanhédrin ne fit aucune autre démarche pour inquiéter le Baptiste, préférant attendre des circonstances plus favorables,

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