LIVRE III
bizarre, plein d'un savoir indigeste, contenait jusqu'à cent hérésies diverses, dont vingt antérieures à Tavénement du Cliristet quatre-vingts postérieures à l'Évangile.
En face d'un pareil athlète, assisté de Jérôme au besoin, les apollinaristes n'eurent pas beau jeu. Poussés de retraite en retraite, ils capitulèrent enfin, et on discuta les conditions sous lesquelles ils pouvaient rentrer au sein de l'Église romaine. L'usage voulait qu'en semblable cas ces conditions fussent exprimées dans un symbole de foi ou formulaire que les vaincus signaient et prêtaient serment d'observer ; la rédaction en fut confiée au secrétaire du concile. Mais la discussion de ce formulaire donna lieu à un incident resté doublement mémorable comme exemple des fraudes théologiques et comme preuve de la haine acharnée dont quelques hommes poursuivirent Jérôme.
Le symbole proposé, conforme en ce point à ceux qui nous sont venus de l'Église primitive, contenait les principaux articles de la foi catholique développés dans le sens des idées que le concile voulait faire prévaloir. A l'article de Tlncarnation, et parmi les qualifications appliquées au Sauveur du monde, le rédacteur employait celle ûlionmie du Seigneur, Dominious homo. Les apollinaristes se récrièrent à cette expression : elle ne se trouvait, disaient-ils, dans aucun docteur faisant autorité ^ Jérôme répondit qu'Athanase, l'oracle du concile de Nicée, s'en était servi dans un de ses livres, et qu'il avait ce livre; les apollinaristes en réclamèrent la production, et, quand ils l'eurent entre les mains, ils demandèrent du temps pour le lire et se concerter