Hieron., Huf. Apolog., ii
ensuite. Quelques jours après, ils le rendirent, et, la question ayant été remise en délibération, le livre fut une seconde fois produit. On l'examina, et on reconnut que les mots homme du Seigneur, anthrôpos Kiriacos, s'y trouvaient bien, mais en surcharge sur des mots grattés ^ Il y eut à cette vue un cri général dans le concile. Était-ce une falsification ou une simple correction ? Qui avait fait disparaître les premiers mots et tracé les seconds? Étaient-ce les apollinaristes, ou Jérôme, ou le scribe de qui émanait l'exemplaire? Les hérétiques semblaient accuser Jérôme, tandis que la majorité du concile entrevoyait dans cet acte une de leurs fraudes pour traîner en longueur leur soumission, déprécier un formulaire accepté à regret, et affaiblir l'autorité d'un homme qui avait contribué à les vaincre. Il n'y avait d'ailleurs aucune surprise de doctrine dans cette expression, employée quelquefois en Occident comme en Orient, et par Apollinaris lui-même ^ Comment Jérôme, secrétaire d'un concile, eût-il osé commettre une falsification si facile à dévoiler? La représentation d'un autre exemplaire du même livre n'aurait-elle pas suffi à le confondre? Pareille imposture eût été folie véritable, surtout si l'on songe que les mots incriminés n'avaient rien d'étrange, rien de nouveau : peut-être n'étaient-ils pas précisément canoniques, — à coup sûr ils n'étaient pas contraires à la foi de Nicée. L'incident tomba donc, et chacun ne voulut voir en cette chicane qu'un mensonge d'hérésiarques aux abois.