Vita Hieronymi ab incerto auct. ap. Bened., t. V
trouva rapproché de cette société de matrones chrétiennes qu'il avait vue se former au temps de sa jeunesse, et qui pouvait kii fournir maintenant un point d'appui pour ses projets de réforme. Il en connaissait personnellement quelques-unes, toutes le connaissaient par ses lettres : il fut bientôt l'âme du petit couvent patricien. Ce monde gracieux et éclairé lui plaisait; on le lui reprocha souvent, a Pourquoi, lui disait-on, t'occuper si volontiers de l'instruction des femmes et négliger celle des hommes? — Si les hommes m'interrogeaient sur l'Écriture, je n'aurais pas à parler aux femmes, » répondait-il à ses détracteurs K Marcella fut une de celles qui profitèrent le plus de ces savantes et pieuses relations, a Tout le temps de mon séjour à Rome, nous dit Jérôme, elle ne me vit jamais sans me faire quelque question sur un point d'histoire ou de dogme, ne se contentant pas, comme les pythagoriciens, de la première réponse venue, et ne se laissant pas tellement imposer par l'autorité qu'elle se rendît sans examen. Souvent même mon rôle changeait : de maître je redevenais disciple ^ » Le savoir de Marcella était tellement sérieux que plus d'un prêtre venait la consulter sur des questions d'exégèse obscures ou douteuses ^ Albine, sa mère, la suivait de loin dans ce goût pour les études sacrées; les autres membres du conventicule s'en rap-
1. Scio me a plerisque reprehendi quod interdum scribam ad mulieres, et fragiliorem sexum maribus prseferam... Si viri deScripturis quaererent, mulieribus non loquerer. Hieron., Ep.ad Princip., 12.
2. Nunquàm tam festina me vidit, ut non de Scripturis aliquid interrogaret... Examinabat omnia, et sagaci mente universa pensabat, ut me sentirem non tam discipulam habere quam judicem.... Hieron., prœf. Ep. Paul, ad Galat.