LIVRE IV
procbaient davantage. C'était en somme une savante congrégation de femmes dn monde qui pouvait inspirer de la jalousie, presque de la crainte, à maint docteur du clergé romain.
L'Église domestique*, comme Jérôme aimait à nommer le chaste cénacle de ses amies, avait subi la destinée des choses de ce monde; elle avait gagné, elle avait perdu, mais ses accroissements dépassaient de beaucoup ses pertes. L'Association de l'Aventin s'était d'ailleurs développée au dehors par la fondation d'établissements subordonnés, recrutés dans les rangs inférieurs de la population urbaine : couvents de vierges ou de veuves, maisons de nouveaux convertis, hommes et femmes, hospices de malades. Tout n'était cependant pas or dans la mine, ni bon grain dans la moisson ; de temps à autre Satan prenait son crible et réclamait pour lui l'ivraie. Plus d'une jeune iille, infidèle à sa vocation, quittait le voile des vierges pour rentrer dans le monde, et même, au sein de l'Église domestique, la fantaisie de se remarier prenait parfois aux veuves, quand elles étaient jeunes et joHes. Il n'y eut pas jusqu'à Furia, la fière descendante de Camille, qui ne méditât une de ces désertions si vivement déplorées par les amies; mais pour le moment Furia en était encore aux scrupules. En revanche, la congrégation avait conquis la jeune Eustokhie, fille de Paula, dont je parlerai bientôt avec détail, et Principia, enfant adoptive de Marcella, que le sort réservait à fermer les yeux de sa bienfaitrice au milieu du sac de Rome ^ L'année suivante fut attristée
1. Salutareliquum castitatis chorum et domesticam ecclesiamtuam., Hieron., Ep. ad Paul.